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Valérie Liquet / Localtis

Pour la Cour des comptes, le thermalisme en Occitanie est devenu un secteur économique "fragile"

Tourisme, culture, loisirs

Santé, médico-social, vieillissement

Occitanie

Avec ses 188.000 curistes chaque année dans 29 stations, ses 120 millions de retombées économiques directes et ses 2.000 emplois directs, l’Occitanie est la première région thermale française. Dans son rapport annuel 2019, la Cour des comptes recommande de revoir son modèle économique.

Dans son rapport 2019, la Cour des comptes estime que l’activité thermale en région Occitanie repose désormais sur un "modèle économique fragile". Selon elle, les collectivités territoriales occitanes n’ont pas su opérer une distinction nette entre thermalisme médical et de bien-être. "L’activité reste donc hybride, entre santé et confort, et ne génère pas systématiquement, loin s’en faut, des richesses pour les territoires concernés". Pour la Cour, pas de doute : le modèle économique doit être "impérativement revu". La politique thermale doit désormais faire l’objet d’une "stratégie plus claire où les activités ‘thermoludiques’ pourraient tenir une place plus importante. 
Parmi ses recommandations, elle suggère aux communes thermales occitanes de transférer la gestion des établissements thermaux publics à leurs EPCI. À la région Occitanie, elle recommande de renforcer le groupement thermal mis en place à l’échelle de l’Occitanie et de mettre en place un fonds public local de soutien à la restructuration de l’activité thermale.

Des petites communes en concurrence

La prédominance des petites communes thermales est particulièrement marquée en région Occitanie (90% ont moins de 5.000 habitants), même si elle se retrouve dans l’ensemble de la France (69%). La fréquentation annuelle moyenne varie de quelques dizaines ou centaines de curistes à plus de 50.000 pour Balaruc-les-Bains qui représente à elle seule plus du quart des parts de marché d’Occitanie. Quatre établissements reçoivent moins de 1.000 curistes par an (trois d’entre eux sont en difficulté).
La Cour note une "concurrence entre stations" qui "pénalise l’aménagement du territoire" et regrette que la région "n’opère pas d’arbitrage entre projets sur le territoire concerné : elle a ainsi subventionné des équipements parfois proches et concurrents, sans s’assurer de la cohérence de son action ni de ses retombées".

Transférer l’activité thermale à l’intercommunalité

Elle estime que "le transfert de l’activité thermale à l’intercommunalité, compétente en matière de développement économique, serait de nature, par la spécialisation de chaque station, à favoriser une meilleure adéquation entre satisfaction des besoins de la clientèle et développement raisonné". De plus, "un choix pourrait ainsi être opéré à l’échelle intercommunale entre thermalisme médicalisé et thermalisme de loisir ou de bien-être, selon les spécificités et les atouts de chaque station". Dès lors, "l’accompagnement des investissements nécessaires aux restructurations potentielles pourrait être pris en charge par la région, dans le cadre d’une stratégie ciblée sur l’activité thermale". 

La région Occitanie prépare une stratégie de filière à horizon 2030

Dans sa réponse, la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, assure que "dès 2019", "une nouvelle stratégie en faveur de la filière thermale en Occitanie sera mise en œuvre, permettant de structurer et de consolider celle-ci, essentielle pour le territoire régional et son économie". 
Cette stratégie régionale devrait notamment prévoir la mise en place d’un comité des financeurs, le lancement d’appels à manifestation d’intérêt pour des projets de sites, le développement d’un "Cluster tourisme et thermalisme", une réflexion sur les solutions de transport gare/station thermale et station/sites touristiques... 
Sur la question de la mise en place d’un "fonds public local de soutien à la restructuration de l’activité thermale", la région indique avoir décidé, en partenariat avec la Banque européenne d’investissement (BEI), de la création d’un fonds d’intervention tourisme doté de 100 millions d’euros, dans lesquels le développement des stations thermales aura toute sa place.
Carole Delga indique également qu’une réflexion est en cours visant à accompagner les mutations des stations thermales régionales, en partenariat avec d’autres institutions (dont la Caisse des Dépôts) et des partenaires privés.

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