Pour la fin des zones blanches mobiles, les experts penchent pour le satellite
L'avenir du dispositif de couverture ciblée, l'un des dispositifs phares du New Deal mobile, a fait l'objet d'un rapport d'experts, remis en avril et publié seulement en juillet 2026. Celui-ci écarte toute prolongation du New Deal mobile et incite à promouvoir le satellite. Si les collectivités veulent un pylône, elles devront le payer. Quant au bilan financier, il faudra encore attendre.
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Objet d'interrogations récurrentes des élus et parlementaires, l'après-New Deal mobile a fait l'objet d'un rapport confié à l'Inspection générale de l'environnement et du développement durable et au Conseil général de l'économie. Au-delà d'un bilan du New deal largement connu, notamment via l'observatoire de l'Arcep et d'un satisfecit sur une méthode qui a su associer les élus, le rapport se penche sur l'opportunité de sa prolongation, "sans recourir à un financement de l'Etat" précise la lettre de mission datée de septembre 2025.
Désaccord sur le reste à couvrir
La réponse des experts est sans appel : "les besoins résiduels de couverture mobile [on est à 98 à 99% de la population couverte et 84 à 92% du territoire en 4G] ne justifient pas de nouveau plan national de financement avec intervention de l'Etat, ni de fonds centralisé dédié", écrivent-ils. Avec pour paradoxe de concéder que les besoins sont mal connus, faute de méthodologie consensuelle. L'Arcep estime qu'il ne manquerait environ que 300 sites pour traiter les regroupements d'au moins trois habitants en zone blanche voix/SMS. L'ANCT, à partir d'études radio menées sur 28.000 points géographiques, évalue le besoin à 1.700-2.500 pylônes pour les seuls regroupements d'au moins dix habitants, car elle vise (a priori) des usages data. La définition d'une méthodologie commune, avant fin 2026, fait donc partie des priorités pour les experts.
Le satellite comme solution
Le rapport estime ensuite que le satellite change la donne en matière de traitement des zones blanches. Sa recommandation 4 incite à "prendre en compte dans la stratégie de couverture mobile le développement rapide des communications satellitaires". Une technologie dont le principal mérite est de ne pas demander de pylône, même si les experts reconnaissent que la technologie est un peu moins performante que la fibre ou la 5G. Pour un foyer isolé, la mission décrit la solution type : abonnement fixe satellitaire et appels en voix sur Wi-Fi. Avec une limite cependant : ces habitants ne pourront téléphoner ou recevoir un appel que s'ils sont à proximité de leur box… Une situation qui durera tant que "les opérateurs mobiles n'envisagent pas de partager leurs fréquences terrestres avec des opérateurs satellitaires".
Des collectivités invitées à mettre la main à la poche
La mission n'exclut pas la construction de pylônes – ou d'infrastructures de connectivité équivalentes - en zone blanche… sous réserve qu'ils soient pris en charge par les collectivités via "un financement local conditionnel et ciblé", mobilisant la DETR, la DSIL ou le Feder (1).
Une voie qui passe particulièrement mal du côté de l'Avicca qui, dans sa dernière lettre estivale, relève que le rapport prévoit que les opérateurs "mettront en place cette infrastructure et en resteront propriétaires". Elle fustige aussi le fait que le bilan financier qu'elle réclame à cor et à cri depuis des années, tout comme la Cour des comptes dès 2021, ne figure pas dans ce rapport… Pour mémoire, on estime que le manque à gagner pour l'Etat en licences était en 2018 de l'ordre de 3 milliards d'euros et la question est bien de savoir si les obligations du New Deal mobile – dont la couverture ciblée – représentent des investissements au moins équivalents de la part des opérateurs. Or, ce bilan est tout simplement reporté à après 2027.