Pour la première fois, Cannes interdit la transformation d'immeubles en meublés de tourisme

Destination très prisée, Cannes est l'une des principales villes proposées sur les plateformes de location meublées touristiques. Airbnb, par exemple, propose déjà plusieurs centaines de logements à louer le 12 mai prochain, jour d'ouverture du Festival de Cannes. Et le nombre total de logements cannois proposés sur les plateformes est passé de 4.000 en 2018 à 8.000 l'an dernier. Ce qui a, au passage, rapporté 1,2 million d'euros de taxe de séjour à la ville (cinquième recette reversée par Airbnb après Paris, Marseille, Nice et Lyon).

Mais David Lisnard, le maire (LR) de Cannes n'a jamais caché ses réserves sur certaines conséquences de ce développement incontrôlé des plateformes, notamment en termes de hausse des loyers et de difficulté d'accès des Cannois au logement. S'il n'entend pas remettre en cause la location de leur logement par des particuliers, il est en revanche bien décidé à mettre un terme à certaines opérations à caractère quasi industriel. Et le maire de Cannes vient de frapper un grand coup en s'opposant à un projet de grande envergure. En l'occurrence, une même société civile immobilière (SCI) avait acquis, dans l'hypercentre de Cannes, quatre immeubles regroupant une vingtaine de logements, vidés pour l'occasion de leurs habitants. Le projet était de les transformer en meublés touristiques destinés uniquement à être proposés sur les plateformes. La ville a opposé un refus catégorique à la demande de changement de destination des logements. Pour Thierry Migoule, le directeur général des services de la ville de Cannes, interrogé par l'AFP, "c'est la première fois qu'on l'interdit car c'est une demande massive". Un recours gracieux a été introduit, mais il a peu de chances d'aboutir, avant un éventuel recours contentieux. Dans un communiqué, la mairie explique ainsi que "les opérations massives commerciales par acquisition d'immeubles […] doivent être combattues, car elles accentuent la crise du logement et génèrent une concurrence déloyale vis-à-vis des hôteliers", très présents dans la cité cannoise. La ville entend d'ailleurs aller plus loin en modifiant cette année le PLU (plan local d'urbanisme), afin d'interdire ce type de changement de destination des logements dans les quartiers en tension.

Dans le même temps, l'Umih (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie) tire parti de l'approche des municipales pour lancer un "appel aux maires" et mobiliser ses présidents départementaux. Objectif proposé aux maires et futurs maires : "travailler ensemble main dans la main pour être force de propositions, afin que chacun bénéficie toute l’année du dynamisme économique généré par l’activité touristique de la commune". L'Umih a été plus directe dans un document présenté à la presse. Elle dénonce en effet une "concurrence déloyale", en affirmant que "plus de 80% des locations meublées ne sont aujourd'hui ni enregistrées ni déclarées". Conséquence : "Via des plateformes numériques, tout un pan d'économie tire avantage de la nature immatérielle de ses activités pour se soustraire à ses obligations fiscales et sociales."

 

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