Précarité étudiante : un syndicat tire la sonnette d'alarme

"Une situation catastrophique", c'est ainsi que l'Union étudiante, premier représentant des étudiants au conseil d'administration du Cnous (Centre national des œuvres universitaires et scolaires), qualifie la précarité des étudiants en France selon une enquête menée par le syndicat et publiée début janvier 2026. 

Parmi les points saillants de l'enquête, on retient qu'un tiers des étudiants a un reste à vivre inférieur à 50 euros pour assurer ses frais de santé, de scolarité, de loisirs et les éventuels imprévus, que 44% ne sont pas en capacité de choisir leur alimentation et que 90% estiment avoir déjà vécu des périodes de détresse psychologique.

La question du logement est particulièrement mise en avant, alors que 29% des étudiants n'avaient pas de solution de logement pérenne à la rentrée universitaire de 2025 et que sept sur dix disent subir au moins une nuisance dans leur logement (bruit, nuisibles, froid). Ici, le syndicat étudiant avance ses explications : "En France, le marché locatif est marqué par une forte tension, caractérisée par une offre de biens largement insuffisante face à une demande croissante. Ce déséquilibre est accentué par la prolifération des meublés touristiques via des plateformes comme Airbnb, qui retirent de nombreux logements du parc permanent, ainsi que par un déficit structurel de construction de logements sociaux et de résidences universitaires". 

Cette pénurie, pose en outre la question de l'accessibilité géographique alors que 28,7% des étudiants résident à plus de trente minutes de leur lieu d'études et 3,6% à plus de 1h30. "Cet éloignement engendre des coûts de transport supplémentaires ainsi qu'une fatigue chronique qui impactent inévitablement la réussite académique et les possibilités d'émancipation", pointe le syndicat, qui demande notamment la construction de 80.000 logements par an pour atteindre 650.000 logements supplémentaires en 2035, ainsi que la mise en place de la gratuité des transports en commun par les collectivités territoriales.

À la rentrée de 2025, le gouvernement avait annoncé 30.000 nouvelles places en logements étudiants locatifs à vocation sociale (LLS) et 15.000 en logements locatifs intermédiaires (LLI) d'ici à 2027 (lire notre article du 4 septembre 2025).

 

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