Tourisme - Premier bilan entre deux eaux pour la saison d'été

Le gouvernement a beau avoir érigé le tourisme en priorité stratégique nationale, il ne peut pas faire grand chose pour ramener le soleil. Optimistes au début du mois de juillet, les professionnels du tourisme font grise mine à la fin du mois d'août. Non sans raison si on en juge par le premier bilan d'un "été pourri"...

Tous ceux qui ont eu l'occasion de pester contre la météo plus que médiocre de juillet et plus encore d'août n'en seront pas étonnés : le bilan de la saison touristique d'été s'annonce pour le moins mitigé... A ce stade, il convient toutefois d'être prudent. Dans l'attente des résultats économiques, ce bilan repose pour l'instant sur des études par entretiens menés auprès des professionnels du tourisme - notamment par les comités départementaux du tourisme - ou sur les enquêtes de la presse locale. Or l'expérience montre qu'il peut exister un décalage entre les perceptions de ces professionnels et la réalité des chiffres économiques (notamment lorsqu'un effet prix compense un effet fréquentation négatif).

Douche froide

Sous ces réserves, il est clair que la pluie a fait l'effet... d'une douche froide. Au début de l'été, l'enquête prospective menée par Atout France montrait des professionnels plutôt optimistes. L'étude concluait que "les perspectives de fréquentation tant françaises qu'internationales sont, à ce stade, plutôt encourageantes, avec des sentiments de hausse de fréquentation prévisionnelle bien présents, notamment sur l'arc atlantique et dans le sud-est". De même, les clientèles françaises et internationales étaient attendues "au même niveau que l'an dernier" (voir notre article ci-contre du 4 juillet 2014).
Chez les professionnels, la déception est donc à la hauteur des attentes. Selon Didier Arino, président du cabinet d'étude Protourisme interrogé par Les Echos, le nombre de visiteurs étrangers en France aurait ainsi reculé de 4%. Peu de régions échappent à ce sentiment de morosité. La baisse de fréquentation semble particulièrement marquée sur la côte Atlantique, qui aurait connu un recul de 6%, ainsi qu'en Rhône-Alpes (-10%), en Languedoc-Roussillon (-10% en juillet) et en Bourgogne (qui a connu son mois d'août le plus froid depuis 1926).

Des régions perdantes, mais aussi quelques gagnantes

En revanche, la région Paca - épargnée par les caprices de la météo -, mais aussi la Bretagne, semblent tirer leur épingle du jeu. Le bilan de juillet-août est plus mitigé en Normandie, mais la région a largement profité, en juin, de l'afflux touristique autour du 70e anniversaire du Débarquement. Il en est de même pour la région Champagne-Ardenne, portée par le tourisme mémoriel autour du centenaire du début de la Première Guerre mondiale.
Enfin, même si l'activité y est peu sensible aux aléas climatiques, Paris et l'Ile-de-France semblent avoir connu une fréquentation moindre que l'an dernier, qui avait toutefois atteint un niveau exceptionnel.

Campings qui pleurent, culture qui rit

En termes de secteurs, les plus touchés sont sans surprise l'hôtellerie de plein air dont le taux de remplissage est très lié à la météo, mais l'hôtellerie traditionnelle n'est pas épargnée. En revanche, les activités culturelles - comme les musées - ont bénéficié à plein de l'effet "mauvais temps" et ont connu, dans l'ensemble, une nette progression du nombre de visiteurs. Il en est de même pour les festivals, pourtant plus sensibles aux aléas climatiques.
Même s'il faut rester prudent dans l'attente des résultats économiques, cet été "pourri" pourrait se révéler plus lourd que le laissent penser les seuls chiffres de fréquentation. En effet - et toujours selon le cabinet Protourisme -, le mauvais temps et le changement dans les habitudes de consommation touristique (avec la montée des réservations de dernière minute) ont incité les vacanciers français à partir à l'étranger. Ainsi, 34% des touristes français seraient partis cette année passer tout ou partie de leurs vacances à l'étranger, contre 28% l'an dernier. Autant de moins pour la consommation touristique intérieure et l'activité des professionnels du secteur...

 

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