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Première séquence des Assises de l'eau : les annonces reportées à "fin août-début septembre"

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Anne Lenormand avec AFP
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Environnement

Energie

Initialement prévues ce 17 juillet, les annonces attendues en clôture de la première séquence des Assises de l'eau devraient avoir lieu "fin août-début septembre" selon le ministère de l'Écologie. Ce dernier a justifié ce report par la tenue ce même jour du grand rendez-vous entre Emmanuel Macron et les dirigeants syndicaux et patronaux à l'Élysée. Le temps fort de ce premier volet des Assises devait être la présentation par le gouvernement d'un plan de relance des investissements et de lutte contre les fuites.
Le chantier des Assises de l'eau a en effet été lancé en novembre dernier au Congrès des maires de France par le président de la République qui avait alors pointé la nécessité de dégager des moyens pour mettre fin à "la vétusté des réseaux" d'eau potable et d'assainissement et aux "fuites massives" sur certains d'entre eux. Un litre sur cinq se perd dans les réseaux, estime le ministère de la Transition écologique et solidaire, malgré d'importantes différences entre les communes. Pointé du doigt notamment : le sous-investissement de certaines collectivités pour renouveler leurs infrastructures (tuyaux, branchements). Le taux de remplacement des canalisations est d'environ 0,6% par an : cela signifie qu'il faut bien plus de 100 ans pour renouveler l'ensemble des tuyaux, dont la durée de vie est bien inférieure.

Vers un "prix plancher" de l'eau

Reste à financer ces investissements, dans un système français basé sur le principe de "l'eau paie l'eau", à savoir que les dépenses des collectivités locales en matière d'eau doivent provenir des recettes perçues auprès des consommateurs. "On se dirige vers l'instauration d'un prix plancher de l'eau", a indiqué à l'AFP Jean Launay, coordinateur de ces Assises, parfois utilisée, mais qu'il s'agirait de généraliser. "Un prix bas est souvent le signe que le prix ne finance que la gestion quotidienne mais pas le renouvellement", explique Patricia Blanc, directrice générale de l'agence de l'eau Seine-Normandie. Ce prix plancher pourrait s'appliquer sur la part eau potable de la facture, selon Jean Launay, et différer d'un territoire à l'autre. Actuellement, les Français payent en moyenne environ 2 euros TTC par m3 en France (et près de 4 euros en ajoutant la part correspondant à l'assainissement), un prix toutefois très variable d'une commune à l'autre. "Les contraintes budgétaires nous conduisent à faire des choix difficiles : la première phase des Assises de l'eau a montré que l'essentiel du financement des infrastructures devait provenir de la facture d'eau", a confirmé la semaine dernière le ministre Nicolas Hulot devant les députés.
Parmi les autres "urgences", figure aussi l'amélioration de la connaissance des réseaux, alors que beaucoup de communes n'ont pas de diagnostic exact sur l'état de leurs canalisations. Mais pour mobiliser des moyens, les acteurs publics comme privés réclament aussi des mesures fiscales (comme une baisse de la TVA sur l'assainissement), un soutien de la Caisse des Dépôts via l'emprunt, et surtout la suppression du prélèvement de Bercy sur le budget des agences de l'eau, instauré dans la dernière loi de finances.
Une deuxième phase des Assises de l'eau doit débuter en septembre, pour élargir la réflexion sur la qualité de la ressource, les conséquences du réchauffement climatique, etc.

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