V.F. avec AEF / Localtis

Projet de loi "pour une école de la confiance" : l’AMRF craint la "concentration scolaire" avec la création des EPSF

Jeunesse, éducation et formation

Une "attaque contre la proximité", un "démantèlement des structures en totale contradiction avec la notion de cohésion territoriale" ou encore "une main de l’État qui s’affranchit du politique" : la réaction de l’Association des maires ruraux de France (AMRF), dans un communiqué du 27 février 2019,  à l’article du projet de loi "pour une école de la confiance" instaurant les établissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF), est épidermique.  

L’Association des maires ruraux de France (AMRF) voit dans l'article 6 quater du projet de loi "pour une école de la confiance" qui permet la création d’établissements des savoirs fondamentaux, "une incitation, in fine, à la concentration scolaire" - que l’association "refuse" - et le risque que "les écoles éloignées d’un collège perdent en attractivité".  Sur le fond, elle regrette "l’imprécision" du dispositif, même si celui-ci "n’est pas obligatoire et se fera sur la base du volontariat", et voit en "la dynamique initiée par la mise en place de l’école-socle" un obstacle à "l’aménagement équilibré du territoire scolaire". "En promouvant ce type d’établissements publics, les écoles éloignées d’un collège risquent en effet de perdre en attractivité", craint l’AMRF. L’association réclame donc que soit ajouté dans la loi :

  • "la nécessité d’un maillage scolaire pensé avec tous les élus de manière à permettre un aménagement équilibré de l’ensemble du territoire" ;
  • "que l’aménagement scolaire ne passe pas par une concentration territoriale sur un même site" ;
  • "que la proximité indispensable du directeur dans une école rurale soit conservée" ;
  • "que l’école rurale peut prendre différentes formes (classe unique, RPI dispersé, RPI concentré, école en réseau…)".

Sur la forme, l’Association des maires ruraux dénonce également le fait que cette disposition soit issue d’un amendement, une "funeste pratique pour éviter débat et concertation et preuve d’un mépris sans vergogne" et estime qu’elle "aurait dû être consultée en amont sur un dispositif susceptible de grandement faire évoluer le maillage scolaire territorial".

Lutter contre la surcharge des enseignants-directeurs

L’amendement à la loi Blanquer pour l’école, porté par des députés LREM, permettrait de créer des nouveaux établissements scolaires, appelés "établissements publics des savoirs fondamentaux" (EPSF). L’amendement a été adopté en première lecture par les députés le 14 février. Selon l’exposé, l’amendement doit permettre à "de très petites écoles d’atteindre une taille critique rendant possibles certains projets pédagogiques, ainsi que des collaborations entre enseignants de cycles différents". C’est une manière d’assurer la continuité des apprentissages de la maternelle à la troisième. Ce serait également, le moyen de "résoudre le problème de la surcharge de travail des enseignants-directeurs d’écoles", dont les jours de décharge pour assurer cette tâche sont trop rares, voire nuls si l’école a moins de quatre classes. 

Dans une interview à AEF info, Cécile Rilhac, la députée LREM ayant déposé l’amendement créant ces établissements, avait indiqué que le dispositif pouvait, dans un premier temps, concerner "une quinzaine de sites", au sein de "territoires très ruraux et très urbains". En outre, en réponse à la crainte de voir les écoles disparaître et se fondre dans les collèges, Cécile Rilhac explique qu’elle "voit difficilement comment un collège pourrait absorber plusieurs écoles". 

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