Écoles, cantines... le manque de concertation avec les élus a des "conséquences inquiétantes"

"Certains aspects du protocole sanitaire préparé par l’État sont encore inapplicables", alerte France urbaine dans un communiqué du 20 janvier, regrettant un manque de concertation aux conséquences "inquiétantes". Interrogé sur France info le 19 janvier, le ministère de l'Éducation a envisagé que soient interdits certains masques en tissu et de faire fermer les classes dès qu'un cas de Covid19 serait avéré. 

"À ce jour, et ce depuis le mois de mars 2020, aucune progression de la part du ministère de l’Éducation nationale [...] en matière de concertation avec les élus locaux n’est à signaler”, déplore France urbaine dans un communiqué du 20 janvier. Résultat : "l’inquiétude des personnels est grandissante". Ce manque de concertation entraîne des "conséquences particulièrement inquiétantes", selon l’association qui fédère 106 collectivités et présidée par Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole. "Certains aspects du protocole sanitaire préparé par l’État sont encore inapplicables et aucune précision n’a encore été indiquée quant à la réalisation des tests dans les écoles maternelles et primaires", pointe encore France urbaine. "J’aurais aimé que les villes soient consultées au sujet des écoles. La cantine, ce sont les villes. Ce soir, nous n’avons pas reçu le protocole du ministre. J’ai une pensée pour les équipes qui vont devoir travailler pour organiser les choses d’ici lundi. Pour passer de la théorie à la pratique, il va y avoir beaucoup de travail. Nous avons 72 heures pour tout mettre en place", avait regretté sur LCI Johanna Rolland, le soir des annonces du Premier ministre le 14 janvier. "Il faut de manière urgente des précisions, de la méthode et de l’efficacité", conclut France urbaine avant de résumer sa demande : de la "rigueur pour éviter les stop-and-go".

Pause méridienne : des contraintes supplémentaires

Depuis le début de la crise sanitaire et l’application des gestes barrières, l’organisation de la restauration scolaire est en effet un "point d’attention constant des métropoles, grandes agglomérations et grandes villes", souligne France urbaine qui estime que celles-ci continuent "à nourrir des dizaines de milliers d’enfants chaque jour", en permettant "la distanciation et l’application des gestes barrières tout en proposant des repas de qualité". Ces mêmes élus font également savoir que "la multiplication des services, lorsqu’elle est nécessaire, entraîne des contraintes quant à la surveillance et l’animation de la pause méridienne". Pour faire face à cette situation, ils ont été amenés à recruter du personnel et ont été aidés par un "soutien à toute épreuve de la part d’autres agents, venus apporter leur aide". Autant de mesures qui ont permis, se félicite France urbaine, de ne déplorer "aucun cluster lié à ce temps du repas et de la pause méridienne dans le premier degré".

Masques : "L'alerte serait plutôt du côté des familles"

De son côté, tout en réaffirmant qu'il n'y avait pas actuellement d'"explosion de la contagion" du coronavirus à l'école, le ministre de l'Éducation nationale a toutefois reconnu sur France info mardi 19 janvier qu'en raison du variant anglais, plus contagieux, "on risquait d'avoir dans les prochains jours davantage de fermetures de classes ou d'écoles, car la décision d'une fermeture par les autorités de santé pourrait être prise à partir d'un cas avéré et non plus trois". Sauf "explosion imprévue des cas", les vacances de février dureront bien deux semaines et non pas trois, a-t-il aussi précisé. L'idée d'allonger les congés d'hiver avait récemment circulé pour ralentir l'épidémie.
Par ailleurs, le Haut Conseil de la santé publique a recommandé d'éviter certains masques en tissu moins filtrants face à la circulation en France du variant britannique. Le ministre a considéré que "l'alerte serait plutôt du côté des familles", qui équipent leurs enfants. "Peut-être qu'on arrivera à quelque chose d'obligatoire au bout de quelques jours", a laissé entendre le ministre, rappelant que les masques fournis aux personnels de l'Éducation sont de catégorie 1.