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Quand le sport se fait outil d’insertion

L’association francilienne ActionPréventionSport, qui a fêté ses 25 ans, aide des jeunes en difficultés sociales ou familiales à se remobiliser, puis à se projeter dans un projet professionnel à partir de la pratique d’une activité sportive. Une démarche originale qui intéresse de plus en plus les municipalités.

L’insertion à travers plutôt que par le sport. Tel est le sillon original que suit l’association francilienne ActionPréventionSport (APS), qui a fêté ses 25 ans. Créée par d’anciens sportifs de haut niveau, cette structure a pour but de favoriser la réussite de jeunes publics fragilisés par des difficultés sociales ou familiales et qui n’arrivent pas à se projeter dans un projet professionnel. "Les personnes que nous aidons ne sont pas obligatoirement des sportifs. La pratique d’une activité physique n’est qu’un outil pour les remobiliser, leur redonner confiance et faire émerger les problématiques qui se posent à eux. Ils sont accueillis par un formateur qui revient sur ces questions à travers un suivi personnalisé. Ce n’est pas une démarche fréquente dans le monde des associations pour l’insertion", explique Aurélie Cometti, délégué générale d’APS.

Basée à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), APS accueille 105 jeunes par an âgés de 16 à 25 ans et venant principalement du Val-de-Marne et de Seine-Saint-Denis à travers le dispositif régional Espace dynamique d’insertion (EDI). Les formations sont financées par la région Île-de-France qui gratifie également le jeune. 50% de ces publics sont issus des quartiers en difficulté, dont certains sont sous main de justice ou sortis d’incarcération.

Des ressources aléatoires

Au fil des années, le contenu des EDI, qui durent de trois mois à un an, a évolué. "Le public et les problématiques des jeunes ont changé en 10 ans. Dans les premiers temps, nous étions axés sur la capacité à avoir un diplôme et à rentrer dans la vie professionnelle. À présent, nous sommes davantage dans la finalisation d’un individu, nous cherchons à faire en sorte qu’il soit apte à vivre en société. On travaille sur une attitude, une approche, un langage, une capacité à respecter un cadre, des règles", note Sekouba Bagayoko, formateur d’APS.  

Suite logique pour certains des jeunes aidés après ce pôle Insertion socio-professionnelle, APS accueille une centaine d’adultes au sein de son pôle Formation professionnelle, qui donne accès à des qualifications aux métiers du sport. "Cela permet une sécurisation du parcours. Là encore, la région Île-de-France finance les places pour les demandeurs d’emploi. D’autres peuvent être financées directement par des employeurs, notamment des municipalités", précise Aurélie Cometti. Depuis 2017, APS a ajouté une nouvelle corde à son arc avec un pôle Innovation Développement Expérimentations, dont l’objectif est de valoriser et de partager l’expérience d’APS auprès de partenaires qui ont besoin d’être accompagnés. "Nous formons les équipes concernées à notre savoir-faire. C’est par exemple le cas à Grigny, où nous aidons à la création d’un parcours de qualification aux métiers de l’animation sportive. Les villes de Bagnolet et Champigny sont aussi intéressées."

L’opportunité des JOP

Soutenue par une subvention de l’Essonne pour cette action, APS espère que ce troisième pôle sera une source de financement pour l’association, qui fonctionne avec un budget de 800.000 euros servant notamment à rémunérer ses 13 salariés. "Le Val-de-Marne nous verse une aide de 40.000 euros, nous bénéficions d’équipements sportifs de la ville de Champigny, mais le problème est que nous sommes dans un financement d’actions, alors que nous aurions besoin d’une subvention annuelle de fonctionnement", déplore Aurélie Cometti. "Or le coût des actions expérimentales que nous menons est élevé."  

De même, la délégué général d’ActionPréventionSport voudrait bien pouvoir rebondir sur l’opportunité des JOP (Jeux olympiques et paralympiques) 2024 pour insérer des jeunes en difficulté. "L’idée serait de les former à devenir éducateurs sportifs, en particulier dans leur quartier, afin de répondre à l’augmentation prévisible du nombre de licenciés dans les clubs de sport avant et après les JOP, qui devrait être de 10 à 15%", détaille Aurélie Cometti. Mais sa rencontre avec le Comité olympique il  y a plus d’un an est restée sans suite. "L’insertion par le sport n’est pas leur sujet, ce que l’on peut comprendre", admet-elle s’en remettant au ministère des Sports "pour s’emparer de cette question". 

Les chiffres

2.500 jeunes bénéficiaires de l’Espace dynamique d’insertion depuis 10 ans

46% sortent du dispositif avec un emploi ou une formation

27% sont mis en lien avec des structures de l’insertion professionnelle

950 personnes formés depuis 10 ans

830 diplômés depuis 10 ans

 

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