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Quatre régions commandent les premiers trains à hydrogène français à Alstom

La SNCF vient de passer commande à Alstom, pour le compte des régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie, des douze premiers trains à hydrogène français, dont les premiers essais sont annoncés fin 2023.

Lancé en Allemagne en 2018, le train à hydrogène doit enfin démarrer en France avec la signature d'un contrat pour douze rames destinées à quatre régions pionnières. La SNCF a passé commande des premiers modèles à Alstom, pour le compte des régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie, ont annoncé les parties prenantes dans un communiqué ce 8 avril. Ces trains bimodes, capables de rouler sous caténaires en traction électrique et en mode hydrogène, auront une autonomie allant jusqu'à 600 km sur les lignes non-électrifiées, sans polluer, ont-elles indiqué.

Un contrat de 190 millions d'euros pour Alstom

Le président d'Alstom France, Jean-Baptiste Eyméoud, envisage "les premiers essais sur voie fin 2023, et a priori une mise en service commerciale en 2025". Soit près de deux ans de retard sur les ambitions initiales du gouvernement. Le contrat s'élève pour Alstom à 190 millions d'euros. Il prévoit la fourniture de trois trains à chacune des quatre régions pionnières, auxquels pourraient s'en ajouter deux en option pour le Grand Est. Auvergne-Rhône-Alpes a déjà indiqué que les nouveaux trains circuleraient entre Lyon et Clermont-Ferrand et entre Moulins, Clermont-Ferrand et Brioude (Haute-Loire), Bourgogne-Franche-Comté entre Auxerre et Laroche-Migennes, et l'Occitanie sur la ligne conduisant à Montréjeau-Luchon, qui sera rouverte à cette occasion.
Divers frais font augmenter la facture à 215 millions pour les régions, mais une aide de 47 millions de l'État vient réduire le prix à 14 millions par rame - c'est-à-dire celui d'un train diesel-électrique dans cette catégorie. "La France a tout pour devenir un champion de l'hydrogène : le gouvernement est pleinement engagé pour faire de cette ambition une réalité", a remarqué le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, cité dans le communiqué des parties prenantes.
Alstom va concrètement installer une chaîne de traction à hydrogène sur un modèle éprouvé dans les TER français (appelé Coradia Polyvalent par le constructeur national et Regiolis par la SNCF) : longs de 72 mètres, ces trains de quatre voitures offriront 218 places assises "et les mêmes performances dynamiques et de confort que la version bimode électrique-diesel", selon le communiqué.

Une étape supplémentaire vers le "zéro émission" du transport ferroviaire

Le constructeur, qui mobilise pour ce projet 6 de ses 15 sites en France, fait figure de pionnier dans le train à hydrogène, avec une technologie mise au point dans son usine de Tarbes. Il a fait circuler ses premiers prototypes en Allemagne en 2018 et y est maintenant entré dans une phase industrielle, avec 41 commandes à ce jour. Ces trains mélangent de l'hydrogène embarqué à bord et de l'oxygène présent dans l'air ambiant, grâce à une pile à combustible installée dans la toiture qui produit l'électricité nécessaire à la traction de la rame. Ils ne rejettent que de la vapeur d'eau.
"C'est une étape supplémentaire vers le 'zéro émission' dans le transport public ferroviaire", a relevé Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs. Près de 1.100 TER utilisent actuellement du diesel, dont la SNCF veut se débarrasser d'ici à 2035. La compagnie teste également diverses formules utilisant des batteries et des carburants "verts", comme le colza.