Repas à 1 euro pour tous les étudiants : des risques de "saturation" selon la présidente du Cnous

La généralisation du repas à un euro pour tous les étudiants, prévue début mai 2026, "constitue un vrai défi pour notre structure de restauration", a souligné lundi 23 février 2026 la présidente du Cnous, Bénédicte Durand, pointant des "enjeux de saturation". "Le grand rendez-vous" sera à la rentrée de septembre, époque où la fréquentation atteint habituellement son pic annuel, a expliqué la dirigeante du Centre national des oeuvres universitaires, en marge d'une visite au Salon de l'agriculture, à Paris.

Depuis cinq ans, la fréquentation des 967 points de restauration des Crous a bondi d'environ 80%, portée par l'accessibilité tarifaire, avec la mise en place du repas à un euro pour les boursiers en 2020, et la qualité des repas, selon elle. "On nourrit par an, en gros, 700.000 étudiants et on distribue à 45 millions de repas", rappelle-t-elle.
La mesure de généralisation du repas à 1 euro entrera en vigueur "au cours de la première semaine de mai", durant une période de plus faible affluence, "un moment d'observation" qui permettra d'"ajuster" par la suite, souligne la responsable du Cnous. L'été permettra ensuite d'élaborer une stratégie plus structurée en vue de la rentrée: une "feuille de route pour mai" doit être présentée "mi-avril", avant un plan complet pour la rentrée.

Ce repas à 1 euro pour tous avait été initialement mis en place pendant la crise sanitaire de Covid-19, mais la mesure avait par la suite été réservée aux seuls étudiants boursiers et précaires. L'extension de la mesure à tous les étudiants réclamée par les organisations étudiantes a été intégrée au budget 2026 comme concession du gouvernement aux députés socialistes, alors que le ministre de l'Enseignement supérieur comme la présidente du Cnous n'y étaient pas initialement favorables. "On reste très attentifs à la soutenabilité de la mesure", avertit cette dernière.

Pour 2026, l'État a alloué 50 millions d'euros "calculés sur la base d'une augmentation modérée de la fréquentation, d'environ 10% de plus", explique Bénédicte Durand. La moitié servira à compenser la baisse du tarif de 3,30 euros à un euro pour tous les non-boursiers, l'autre à financer des recrutements et des équipements supplémentaires. Les besoins exacts dépendront d'une cartographie en cours menée dans chaque Crous. "Il y a des endroits où on sait qu'on ne pourra pas augmenter la fréquentation", prévient Bénédicte Durand.

La présidente dit avoir demandé au ministre qu'une mission évalue l'impact de la réforme pour garantir "trois principes absolument centraux" : la qualité des repas, la qualité de vie au travail des agents et la sécurité des établissements, mais aussi pour suivre la fréquentation des étudiants boursiers afin d'éviter tout risque d'éviction.

 

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