Sécurité au ski : une nouvelle campagne de prévention... en attendant une loi ?
Une campagne nationale de prévention des accidents de ski est lancée alors qu'une proposition de loi déposée récemment vise à pénaliser la consommation d'alcool et de stupéfiants sur les pistes.
© Campagne de prévention de la FNSSDS et du ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative. Fond: Adobe stock
Alors que de très nombreux skieurs sont attendus dans les stations françaises en février – avec des taux d'occupation de 90% prévus lors des deuxième et troisième semaines des congés scolaires –, la Fédération nationale de la sécurité et des secours sur les domaines skiables (FNSSDS) et le ministère des Sports ont lancé le 4 février une nouvelle campagne nationale de prévention des accidents sur les pistes.
Baptisée Riski, cette campagne vise à sensibiliser l'ensemble des pratiquants aux bons comportements à adopter sur les pistes afin de réduire le nombre d'accidents, alors que le bilan de la saison 2024-2025, avec 54.617 blessés pris en charge par les pisteurs-secouristes (et près de 150.000 personnes prises en charge dans les cabinets médicaux des stations), a été marquée par une augmentation de plus de 7% par rapport à la saison précédente dans les 52 stations du panel du système national d'observation de la sécurité en montagne (SNOSM).
Conçue par la FNSSDS et le ministère des Sports, la campagne Riski s'articule autour de messages simples et concrets qui se déclinent à travers plusieurs thèmes : bien préparer sa journée, adapter sa pratique à son niveau, respecter les autres usagers ou tenir compte des conditions météorologiques et d'enneigement. Selon ses promoteurs, elle marque également une nouvelle étape dans la prévention en montagne avec la création d'une charte graphique nationale et des messages de sécurité uniformisés. "Pour la première fois, l'ensemble des acteurs de la montagne — stations, écoles de ski, services de secours, loueurs de matériel, hébergeurs, collectivités — s'appuieront sur une identité visuelle commune, déclinable selon les spécificités de chaque territoire", soulignent la FNSSDS et le ministère des Sports dans un communiqué commun. Les livrets de la campagne Riski ainsi que ses supports de communication sont disponibles en français/anglais et en français/espagnol.
Interdiction du ski sous l'effet de l'alcool ou de stupéfiants
Cette publication intervient quelques jours après le dépôt à l'Assemblée nationale d'une proposition de loi (PPL) visant à renforcer la sécurité sur les domaines skiables et créer des sanctions contre les skieurs sous l'effet de drogues et d'alcool. Dans son exposé des motifs, Christelle d'Intorni, députée (UDR) des Alpes-Maritimes et auteure du texte, rappelle les enjeux de santé publique liés au ski en France : parmi les accidents enregistrés sur les pistes, 10% à 15% nécessitent une prise en charge médicale en urgence, avec un taux d'hospitalisation important, 3% sont des traumatismes crâniens graves et, en moyenne, une dizaine d'accidents mortels surviennent chaque année. Or, toujours selon l'exposé des motifs "25% des accidents graves impliquent un skieur sous l'emprise de l'alcool ou de drogues".
Alors que le code du sport ne prévoit aucune sanction pour les comportements dangereux sur les pistes ni aucune mesure spécifique sur la pratique du ski sous l'emprise de substances psychoactives, la PPL se propose de combler cette lacune. Elle prévoit une interdiction de la pratique du ski sous l'effet de l'alcool ou de stupéfiants et, pour tout contrevenant, une amende de 135 euros (portée à 9.000 euros et quatre ans d'emprisonnement en cas de récidive dans un délai de cinq ans), ainsi que l'annulation du titre d'accès aux remontées mécaniques et aux pistes de ski sans possibilité de remboursement.
La PPL introduit également des sanctions spécifiques en cas d'accident corporel (45.000 euros d'amende et trois ans d'emprisonnement), voire mortel (75.000 euros d'amende et cinq ans d'emprisonnement), impliquant un skieur sous l'influence de l'alcool ou de stupéfiants.
Obligations à la charge des exploitants de domaines skiables
Dans une visée préventive, la PPL envisage encore d'imposer le port obligatoire d'un casque de protection homologué à toute personne pratiquant une activité de ski alpin, de snowboard ou de glisse sur neige, sous peine d'une amende de 135 euros.
Afin de faire respecter toutes ces dispositions, le texte prévoit que les forces de l'ordre sont expressément habilitées à intervenir sur l'ensemble des domaines skiables, y compris ceux placés sous gestion privée. De leur côté, les agents de police municipale seront habilités à constater l'infraction relative au port du casque.
Enfin, la PPL met en place des obligations à la charge des exploitants de domaines skiables en termes de sensibilisation des skieurs aux dangers liés à la consommation d'alcool et de stupéfiants sur les pistes. Les exploitants seront tenus de mettre en place un affichage obligatoire portant sur les risques encourus et les sanctions applicables et d'assurer la diffusion systématique de messages de prévention par des supports visuels et sonores. En outre, un programme annuel de sensibilisation devra être élaboré en coordination avec les autorités locales et les forces de l'ordre.
L'examen de cette PPL ne devrait pas intervenir avant le mois de juin, date de la prochaine niche parlementaire du groupe UDR.