Site de la centrale nucléaire de Fessenheim : Élisabeth Borne confirme le projet de "technocentre"

La ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, a confirmé ce 21 février le projet d'un "technocentre" consacré aux déchets métalliques sur le site de la centrale nucléaire Fessenheim, dont le réacteur n°1 devait être mis à l'arrêt dans la nuit de vendredi à samedi.

"Nous avons (...) réaffirmé la volonté de l'État de créer à Fessenheim un centre d'excellence du démantèlement nucléaire, s'appuyant sur un 'technocentre' pour le recyclage des matériaux métalliques", a indiqué la ministre de la Transtion écologique lors d'une conférence de presse à Colmar ce 21 février, après une rencontre avec des élus locaux. "Ceci sera rendu possible par l'adaptation du cadre réglementaire qui permettra de valoriser les déchets à très faible activité radioactive. Aujourd'hui, nous avons annoncé ce changement de réglementation", a-t-elle ajouté.
Début janvier, à l'Assemblée nationale, Élisabeth Borne avait émis des doutes sur la volonté des autorités allemandes pour ce projet "qui supposerait pour (elles) de déplacer des déchets nucléaires au-delà de la frontière". "Évidemment les Allemands qui sont partie prenante du projet de reconversion du territoire (de Fessenheim) sont les bienvenus si on veut créer un centre d'excellence européen", mais le projet de "technocentre" se fera avec ou sans eux, a-t-elle insisté vendredi.

Un "commissaire à la reconversion du territoire de Fessenheim"

La ministre a par ailleurs annoncé la désignation d'un "commissaire à la reconversion du territoire de Fessenheim", chargé "de l'animation sur le terrain aux côtés des acteurs locaux - des collectivités, conseils régional et départemental - de l'ensemble des actions de reconversion". Un délégué interministériel à l'avenir du territoire de Fessenheim, David Coste, avait déjà été désigné en mars 2018. Un "comité interministériel dédié au suivi de la reconversion économique du territoire de Fessenheim" a également été créé et se réunira "d'ici fin mars", a-t-elle ajouté, alors que l'arrêt de la centrale, qui emploie actuellement 850 salariés, risque de priver les collectivités de 14 millions d'euros de recettes fiscales.
Enfin, Élisabeth Borne a annoncé la création d'une "offre spécifique dédiée" de l'organisme public Business France afin de "valoriser les atouts du territoire et attirer des investisseurs étrangers".
"Fessenheim restera une terre d'excellence portée par l'innovation, par des industries de pointe et par l'économie de la transition écologique", a promis la ministre.
La mise à l'arrêt du  réacteur n°1 de la plus vieille centrale de France marque la toute première étape d'un démantèlement qui se poursuivra au moins jusqu'en 2040. Celle du réacteur numéro deux suivra le 30 juin prochain.