Stagnation des émissions de gaz à effet de serre en France en 2025

La baisse des émissions de gaz à effet de serre a ralenti l'an dernier, avec un recul estimé à seulement -1,6% indique le Citepa, l'organisme mandaté pour dresser le bilan carbone national, dans un bulletin publié ce 12 janvier. Le rythme total de baisse en 2025, qui avait déjà commencé à s'affaisser en 2024 (-1,8%) a ainsi été deux, voire quatre fois plus lent qu'en 2022 et 2023 (-3,9% et -6,8%). Cette "faible diminution des émissions" françaises s'inscrit "en deçà du rythme nécessaire pour atteindre les objectifs 2030" fixés par le gouvernement, souligne le Citepa, soit -4,6% en moyenne chaque année d'ici 2030, selon la Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3), la feuille de route actualisée en décembre pour une France neutre en carbone en 2050.

"Ces résultats divergent selon les secteurs, avec un retard plus important en termes de trajectoire pour les secteurs des transports et des bâtiments", observent les experts. L'évolution de l'année passée est permise d'abord par une baisse marquée dans le secteur de l'industrie (-3,4%) mais sur fond de "diminution continue de l'activité industrielle", en particulier pour la chimie, la production de ciment et la métallurgie. Suivent l'agriculture, avec une réduction des émissions principalement liée à celle du cheptel bovin, et les transports, avec une diminution des consommations de carburants dans le transport routier. Les émissions du bâtiment sont en légère baisse, en lien avec les variations des consommations de fioul et de gaz naturel, mais très loin de l'effort requis.

Enfin, les émissions du secteur de l'énergie sont pour leur part quasi-stables, après les importantes baisses de ces dernières années. Le Citepa note la légère baisse des émissions liées à la production d'électricité, déjà très décarbonée avec le poids du nucléaire et l'essor des renouvelables, mais limitée par une augmentation attendue dans le raffinage des hydrocarbures, liée à une "reprise d'activité" en 2025.

L’organisme publiera ses données consolidées en juin prochain. Mais le ministère de la Transition écologique a reconnu dans un communiqué ce 13 janvier l’urgence d’"une remobilisation rapide et coordonnée de l’ensemble des secteurs émetteurs autour de la décarbonation de l’économie française". "Diviser par deux les émissions de GES hors puits de carbone d’ici 2030 nécessite en effet de réduire les émissions de l’ordre de 5% chaque année", rappelle-t-il. "Le projet de Stratégie nationale bas-carbone 3 que je viens de publier fixe un cap réaliste et atteignable pour orienter les investissements verts, réduire notre dépendance aux énergies fossiles et renforcer la souveraineté, estime la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, citée dans le communiqué. 2026 doit être une année de passage à l’action pour remettre la France sur la trajectoire de ses engagements climatiques."

 

Voir aussi

Abonnez-vous à Localtis !

Recevez le détail de notre édition quotidienne ou notre synthèse hebdomadaire sur l’actualité des politiques publiques. Merci de confirmer votre abonnement dans le mail que vous recevrez suite à votre inscription.

Découvrir Localtis