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Stations de ski : une bonne saison 2019-2020... qui finit forcément mal

Un bilan de la saison de ski 2019-2020 a été établi par Domaines skiables de France ainsi que par l'Observatoire national des stations de montagne (avec l'Association nationale des maires de stations de montagne notamment). La saison avait relativement bien démarré. Mais n'ayant pu être conduite à son terme, au final, on enregistre une baisse de 15% de la fréquentation, un recul de 20% du nombre de nuitées. Les professionnels appellent à des mesures.

Domaines skiables de France (DSF) d'un côté, l'Observatoire national des stations de montagne de l'Association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM), d'Atout France et de France Montagne de l'autre, publient simultanément leur bilan de la saison de ski 2019-2020. Si les chiffres ne sont pas strictement identiques, la tendance générale est bien la même dans les deux cas : une saison qui s'annonçait plutôt correcte (avec, selon DSF, une fréquentation des domaines skiables de -2% par rapport à la saison précédente), mais que la pandémie de Covid-19 transforme en catastrophe économique pour les stations de montagne et toutes les activités qui leur sont liées.

"Le Covid-19 a brisé la saison 2019-2020 dans son élan"

Pour Domaines skiables de France, "le Covid-19 a brisé la saison 2019-2020 dans son élan". Plus précisément, "faute d’avoir pu conduire la saison à son terme [après la fermeture de toutes les stations de ski le 14 mars, ndlr], la fréquentation 2019-2020 des domaines skiables français devrait s’établir 16% au-dessous de celle de l’an passé́". Par rapport à la moyenne des quatre dernières années, la baisse est de 15%. Ces moyennes recouvrent toutefois de forts écarts selon les massifs. La Savoie, l'Isère-Drôme, les Alpes du Sud et les Pyrénées n'enregistrent une baisse de fréquentation de leur domaine skiable sur l'ensemble de la saison 2019-2020 "que" de 10%, par rapport à la saison précédente. En revanche, le plongeon est nettement plus prononcé pour la Haute-Savoie (-19%), le Jura (-26%) et surtout le Massif central (-45%) et les Vosges (-57%).

Si on raisonne sur la typologie des stations, les plus grosses difficultés se situent aux deux extrêmes : les très grands domaines (-20%) – "car ce sont [eux] qui ont payé le plus lourd tribut à la fin de saison anticipée (un mois et demi de saison restait normalement à courir après le 15 mars)" – et les petits domaines (-25%), "car [ils] ont souvent souffert d’un manque de neige tout au long de la saison" (ce qui explique les très mauvais résultats des massifs de basse altitude). Les domaines de taille moyenne (-15%) et les grands domaines (-11%) s'en sortent un peu moins mal.

Campagne de communication ou révision du zonage des vacances ?

Du côté de l'Observatoire national des stations de montagne de l'ANMSM et d'Atout France, la mesure de l'activité de la saison se fait principalement via le nombre de nuitées. Mais le constat est le même : "un bilan globalement positif" au 15 mars (fréquentation des hébergements quasi équivalente à celle de l’an passé, avec un taux d’occupation de 78%, en très léger repli de 0,3 point), mais "un très fort impact de la crise sanitaire" sur l'ensemble de la saison. Au final, le nombre de nuitées affiche un recul de 20,8% du fait de la fermeture anticipée des stations. En termes de résultats économiques, la majorité des stations (58%) fait état de pertes supérieures à 15% de leur chiffre d’affaires (toutes activités confondues), sur l’ensemble de la saison hivernale. Pour près de 10% d’entre elles, ces pertes sont même supérieures à 30%. L'observatoire précise que "parmi les secteurs analysés, les prestataires d’activités de loisirs, les hébergeurs, ainsi que les restaurateurs, semblent particulièrement impactés".

Pour relancer l'activité, les professionnels en appellent principalement (47%) à une campagne de communication, "en ciblant la clientèle française, avec un discours basé sur les vertus de la montagne [...], afin d’encourager les départs lors de la saison estivale, dès que les conditions sanitaires le permettront". Mais, en attendant, 63% des répondants s'inquiètent du manque actuel de visibilité post-confinement et la préparation de la saison estivale.

Du côté de Domaines skiables de France, la proposition consiste plutôt à revoir le zonage des régions pour les vacances. La proposition consisterait notamment à détacher les Hauts-de-France (6 millions d’habitants) de la zone B pour les rattacher à la zone A, ce qui équilibrerait zone A et zone B autour de 23 millions d’habitants.

 

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