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Attractivité - Toutes les régions ont profité de l'embellie des investissements étrangers

François Hollande réunissait le 16 mars 2015 à l'Elysée huit grands patrons de filiales hexagonales*. L'occasion de se féliciter des bons résultats de la France en matière d'attractivité, après trois années de baisse consécutives. D'après le bilan annuel de Business France, la nouvelle agence chargée de l'attractivité de la France, publié le 16 mars, 740 projets d'investissements étrangers ont ainsi vu le jour en 2014, contre 685 en 2013, soit une progression de 8%. "2014 est la deuxième meilleure année depuis dix ans", affirme le rapport.
Cette tendance corrobore une étude de Paris-Ile-de-France Capitale économique, étude publiée le 3 mars qui plaçait Paris au troisième rang en matière d'investissements internationaux, après Londres et Shangaï, contre la septième place en 2013…
Le bilan de Business France fait aussi ressortir une progression des investissements dans les fonctions dites stratégiques (production, recherche et quartiers généraux), également soulignée par Paris-Ile-de-France Capitale économique précédemment. Ainsi, les entreprises étrangères investissent en premier lieu dans les activités de production, qui concentrent 30% des investissements, soit 303 projets, représentant 11.601 emplois. Les projets d'investissement étrangers dans les fonctions de recherche et développement représentent quant à eux 9% de l'ensemble des investissements (92 projets contre 77 en 2013). Et le nombre de projets d'investissement dans les centres de R&D et d'ingénierie a progressé de 19%. Les nouvelles décisions d'investissement dans les quartiers généraux connaissent aussi une progression importante : on en compte 16 en 2014, contre 5 en 2013 et 12 en 2012. Le rapport souligne l'attractivité des régions et métropoles françaises. "Toutes les régions de France ont accueilli de nouveaux investissements internationaux", signale ainsi Business France, et "dix-sept d'entre elles ont été choisies pour de nouveaux investissements étrangers dans la R&D". Au total, les deux tiers des nouveaux investissements étrangers sont localisés dans six régions (Ile-de-France, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Nord-Pas-de-Calais et Alsace).
Les investissements proviennent surtout des pays de l'Union européenne (61% de l'ensemble des décisions d'investissement). Viennent ensuite l'Amérique du Nord (22%), et l'Asie (12%).

Une qualité d'accueil qui s'améliore

D'après un sondage TNS-Sofres sur l'attractivité et l'image économique de la France, publié dans le cadre du bilan de Business France, les critères d'attractivité du pays sont principalement ses infrastructures de communication, de transports et logistiques et le tissu industriel. Autres facteurs déterminants, d'après les décideurs économiques interrogés : la formation et la qualification de la main-d'oeuvre, la taille du marché intérieur, l'innovation et la R&D. La stabilité de la règlementation, la stabilité économique et l'environnement des affaires sont également cités. A l'inverse, le coût du travail est considéré comme un handicap. Une étude complémentaire de Paris-Ile de France Capitale économique, publiée le 16 mars, met en avant l'amélioration de l'accueil des investisseurs internationaux à Paris. La métropole se situe pour la première fois dans le top 3 mondial dans ce domaine, gagnant 5 places, derrière Dubaï et New York. D'après cette étude fondée sur des "clients mystères", le secteur d'information business progresse particulièrement (24 points en deux ans), avec l'envoi d'e-mail avant le rendez-vous et vérification après le rendez-vous notamment. Les secteurs de l'hôtellerie et de la restauration affichent aussi des résultats en hausse (accueil réception, réservation, services...), tout comme l'accueil des boutiques (bureau d'informations, accueil au guichet). L'accueil dans les transports urbains et les aéroports reste en revanche stable, et les centres d'informations touristiques perdent 11 points. Une vraie prise de conscience a également lieu concernant la nécessité de maîtriser l'anglais pour mieux accueillir les investisseurs. Paris est en cinquième position sur le sujet en 2014.
Seul point noir de ce tableau : les emplois. En 2014, le nombre d'emplois créés ou maintenus grâce aux investissements étrangers est en effet en baisse de 14% : de 29.631 emplois en 2013 on passe à 25.478 emplois en 2014… D'après Business France, cette baisse s'explique par la montée en puissance des projets d'investissements en R&D, peu créateurs d'emplois à court terme.

Emilie Zapalski

* Siemens, Compass, HP, Roche, Ernst & Young, Bain & Company, Accenture et le cabinet DZA.