Transmission des exploitations agricoles : un guichet unique pour mieux accompagner cédants et repreneurs

La question de la transmission des exploitations agricoles n'a jamais été autant au cœur de l'actualité, avec un pic du nombre de départs en retraite par an qui devrait intervenir en 2026-2027. C'était le sujet d'une table-ronde organisée le 23 février 2026 par la Safer Paca dans le cadre du Salon international de l'agriculture, qui a mis en avant le nouveau guichet unique France Services Agriculture.

Les chiffres sont connus depuis longtemps : 50% des agriculteurs ont plus de 55 ans. Un agriculteur sur deux atteindra l'âge de la retraite d'ici 2030. C'est ce qui a poussé la Safer Paca à organiser une table-ronde sur le thème de la transmission des exploitations agricoles le 23 février 2026 sur le stand des Safer, au Salon international de l'agriculture (SIA). "On arrive en 2026-2027 au pic du nombre de départs en retraite par an, ce sera le moment où on aura le plus de cédants en âge de partir à la retraite, avec une nécessité d'assurer la transition de ces exploitations", a détaillé Romain Deleris, exploitant agricole, membre du bureau national Jeunes Agriculteurs, installé en groupement agricole d'exploitation en commun (Gaec) sur la commune de Najac (Aveyron), en élevage laitier. Au cœur des enjeux : l'identification, suffisamment en amont, des futurs départs, l'accès au foncier, qui se fait de plus en plus rare et cher, et l'aspect financier, pour que le cédant s'y retrouve et que le projet soit viable pour le repreneur.

La Safer Paca travaille activement sur cet aspect transmission des exploitations, en réalisant une bonne partie des démarches pour faciliter la vie des porteurs de projets. "La Safer nous a permis d'acquérir l'exploitation mais aussi une maison pour nous permettre d'être au pied de notre bâtiment d'exploitation", a détaillé Édouard Pierre, exploitant agricole, installé en Gaec avec sa conjointe sur la commune d'Ancelle (Hautes-Alpes) en ovins viande et caprins lait, poursuivant : "Elle est allée voir tous les propriétaires, et a fait signer des baux par écrit. C'est un gage de sécurité pour nous et pour les propriétaires. Et comme c'est une reprise globale, la Safer a aussi évalué la valeur du matériel et des équipements. Nous n'avons pas eu à négocier avec le cédant". Pour les Jeunes Agriculteurs, les Safer peuvent aussi intervenir en matière de foncier, le "nerf de la guerre" selon Patrice Brun, président de la Safer Paca. Il s'agit pour elles de stocker du foncier en attendant qu'un repreneur se présente. "Elles peuvent ainsi allonger le temps de la passation", a détaillé Romain Deleris, qui insiste sur l'aspect collectif des mesures à mettre en place. 

Un guichet unique en expérimentation

Concernant la transmission des exploitations, "tous les acteurs doivent s'y mettre", assure ainsi Romain Deleris, avec un leitmotiv partagé par tous : l'anticipation. Si la Mutuelle sociale agricole (MSA) dispose des informations concernant les déclarations de cessation d'activité, celles-ci transitent difficilement jusqu'aux chambres d'agriculture. "Il y a un gros travail de recensement à mener concernant les départs", a affirmé Édouard Pierre. Pour tenter d'améliorer le processus, l'État a décidé de mettre en place un guichet unique, dans le cadre de la loi d'orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture promulguée le 24 mars 2025. Ce dispositif, intitulé France Services Agriculture (FSA), est d'abord mis en place de manière expérimentale du 2 janvier au 31 juillet 2026. Il doit permettre d'accueillir, informer et orienter les porteurs de projets et futurs cédants de l'installation à la transmission.

Deux niveaux sont proposés : un accueil, assuré par les chambres d'agriculture, points d'entrée pour toute personne souhaitant s'installer ou cesser son activité agricole. Le deuxième niveau correspond à l'établissement d'un diagnostic et d'un plan d'actions. Une mission qui sera assurée par des structures de conseil et d'accompagnement habilitées par l'État. "Il s'agit de mieux coordonner, de simplifier et de fluidifier les démarches, a expliqué Romain Deleris, plusieurs acteurs seront labellisés pour ce rôle d'accompagnement car les projets sont de plus en plus divers. Il y a une grande complexité dans le montage juridique et économique. On veut faciliter la vie des porteurs de projets". À la suite de la phase d'expérimentation, le dispositif devrait être déployé au niveau national à partir du 1er janvier 2027.

 

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