Mobilité - Transports collectifs en site propre : l'Etat va cofinancer 78 nouveaux projets

L'enthousiasme des collectivités pour les projets de transports collectifs en site propre ne se dément pas : 54 d'entre elles viennent de décrocher une aide de l'Etat dans le cadre d'un second appel à projets. Analyse et premières réactions à chaud.

Le 9 février, devant une poignée d'élus et aux côtés des secrétaires d'Etat Benoist Apparu (Logement) et Thierry Mariani (Transports), la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a dévoilé la liste des 54 collectivités lauréates du deuxième appel à projets de transports collectifs en site propre (TCSP). En appui à 78 projets provinciaux, l'Etat débloque une enveloppe de 590 millions d'euros, dont 90 ont déjà été mobilisés mais pas encore "consommés" dans le cadre du premier appel à projets lancé fin 2008 et qui fut beaucoup plus généreux (800 millions d'euros pour 50 projets de 36 collectivités).
Point positif : très peu de collectivités ressortent bredouilles de ce second appel à projets. Seuls les dossiers des régions Nord-Pas-de-Calais et Rhône-Alpes ont été jugés non conformes au cahier des charges par les services du ministère. Pour apprécier la qualité des projets soumis, ces derniers se sont entourés d'experts issus notamment du Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions publiques (Certu) ou du Groupement des autorités responsables des transports (Gart). Point faible : tous les projets ne bénéficient pas encore d'un financement ferme de l'Etat. Pour une quinzaine d'entre eux, la subvention ne sera en effet versée que si leurs travaux débutent avant la fin 2013. Les collectivités qui les portent auront donc à prouver que de tels délais seront bel et bien tenus.

Le bus a la cote

Au final, les 78 projets retenus représentent 622 km de nouvelles voies, qui seront pour l'essentiel dédiées à la mise en route de bus à haut niveau de service (BHNS). C'est cet équipement qui a raflé le plus de subventions (45 projets de lignes ou d'aménagements, contre 29 pour le tramway). Nouveauté : des agglomérations moyennes comme Bayonne ou Périgueux veulent s'équiper de ce type de bus et se taillent ainsi une place significative parmi les lauréats. Des conseils généraux ont également fait passer leurs projets de prolongement de tramway (Ain) ou de cars à haut niveau de service (Hérault). Et des agglomérations côtières (Ajaccio et Toulon) leurs projets de liaisons maritimes, concernées pour la première fois par ce dispositif.
Contournant l'obstacle du manque de crédits, le montage du financement est astucieux : en plus des 90 millions d'euros restant du premier appel à projets, 300 millions proviennent des caisses de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf). A ces 390 millions d'euros s'ajoutent 200 millions issus du programme des investissements d'avenir. Dans dix villes labellisées EcoCités, ils serviront à appuyer des projets de tramway (à Nice, Montpellier, Strasbourg), de BHNS (Marseille, Saint-Nazaire, Nantes) et de tram-train (porté dans le Médoc par la communauté urbaine de Bordeaux). René Ricol, commissaire général à l'investissement, a salué la qualité du dialogue instauré avec ces collectivités candidates. Surtout, il estime que les décisions interministérielles ont su être prises rapidement : "L'appel à projets aurait pu prendre six mois de plus. On est allé vite et c'est mieux pour tous."

Des réactions partagées

Reste que l'émotion était moins au rendez-vous qu'à l'issue du premier appel à projets. Et pour cause : il y a quelques mois, certains élus ont exprimé leurs inquiétudes suite à l'annonce du montant de l'enveloppe accordée : les 500 millions d'euros annoncés ne seraient qu'une goutte d'eau sur les milliards d'euros d'investissements à engager sur le terrain. Preuve que la goutte d'eau ne fait pas toujours déborder le vase, les élus du Gart semblent s'être fait une raison : "Le point fort reste que l'engouement des collectivités pour les TCSP ne se dément pas. Quant au résultat de ce second appel à projets, il est équilibré", estime Roland Ries, président du Gart. Même son de cloche en Alsace : Philippe Richert, président du conseil régional et désormais ministre chargé des Collectivités territoriales, se satisfait que plusieurs projets soient retenus sur sa terre d'élection. Mais d'autres élus sont plus remontés. Pour Bernard Rivalta par exemple, à la tête du Sytral, l'autorité organisatrice des transports lyonnais, les quelque 20 millions d'euros de subventions décrochés auprès de l'Etat pour des chantiers de bus et tramway ne suffisent guère. "Le compte n'y est pas. Arrêtons de faire des louanges à cet appel à projets, il nous aide au final bien trop peu." 

 

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