Un collectif plaide pour la création d'une délégation aux droits des enfants dans chaque mairie
Soutenu par une trentaine d'organisations dont l'Association des maires ruraux de France (AMRF), le Réseau français des villes éducatrices (RFVE), Unicef France, l'Anacej, la Ligue de l'enseignement et MJC de France, un manifeste intitulé "Pour une délégation aux droits des enfants dans chaque mairie" est porté, à l'occasion de la campagne des élections municipales, par l'ancienne députée écologiste Francesca Pasquini, le collectif "Pour le respect des droits des enfants" et la Fabrique des communs pédagogiques. Cette proposition sera présentée le 21 janvier prochain à Paris, lors d'une conférence de presse.
"Quatorze millions d'enfants vivent en France, près d'un habitant sur six. (…) Pourtant, leur voix reste quasi absente là où se décide une grande partie de leur vie quotidienne : les mairies", peut-on lire dans ce manifeste, signé à ce jour par 181 personnes. "Dans la plupart des exécutifs municipaux, les droits des enfants sont dissous dans des délégations 'éducation' ou 'jeunesse'", ce qui est pour les auteurs "utile, mais insuffisant". D'où l'idée de créer au sein de chaque conseil municipal, à l'issue des élections, une délégation aux droits des enfants dont le rôle serait de "garantir que, dans toutes les politiques locales, les décisions soient relues à la lumière de la Convention internationale des droits de l'enfant".
"Une mesure simple, lisible et transpartisane", pour les initiateurs. Alors que "les signaux d'alerte s'accumulent", une telle délégation "offrirait un visage, une responsabilité politique clairement assignée", permettrait aux parents, aux associations et à tous les professionnels de l'enfance de savoir "à qui s’adresser", peut-on lire dans une tribune publiée le 12 janvier 2026 dans le journal Le Monde. Elle s'intéresserait aux "inégalités de naissance" ("diagnostics locaux, suivi des situations de grande précarité, articulation avec les politiques de logement"), aux violences (prévention, formation au repérage…), s'attacherait à "donner du poids à la parole des enfants" (notamment "en renforçant les conseils municipaux d'enfants et de jeunes"), à "mettre la santé globale au cœur des communes" ("en reliant éducation dehors, rénovation des bâtiments scolaires, qualité des repas, accès aux soins") et à "penser les villes à hauteur d'enfant" ("sécuriser les abords des écoles, développer les mobilités douces, redistribuer l'espace public au profit du jeu").
Ainsi, "comme il existe déjà, dans de nombreuses communes, un rapport annuel sur l’égalité femmes-hommes ou sur le développement durable", cette délégation "pourrait piloter un rapport annuel sur les droits des enfants dans la commune, débattu au conseil municipal et partagé avec les familles".