Un guide méthodologique pour repenser la conception et l'exploitation des déchèteries
Filières à responsabilité élargie du producteur (REP), réemploi, nouvelles exigences de sécurité : autant d'enjeux à prendre en compte par les déchèteries, qui ne sont plus seulement des lieux de dépôt des déchets mais sont appelées à jouer un rôle de levier de l'économie circulaire. Pour accompagner les acteurs des déchets dans la conception et l’exploitation d'équipements adaptés à ces nouvelles orientations, l'Astee vient de publier, en partenariat avec l’Ademe, un guide méthodologique présenté aux Assises nationales des déchets ce 30 septembre à Nantes.
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Conçue à l’origine pour lutter contre les dépôts sauvages, la déchèterie est devenue un maillon essentiel du service public de gestion des déchets et son modèle est appelé à évoluer, avec la multiplication des filières à responsabilité élargie des producteurs (REP), la diversification des flux, la montée en puissance du réemploi, ainsi que les exigences accrues de sécurité et d’accueil du public. "En favorisant le tri, la valorisation, le réemploi et l’orientation des matières vers les filières adaptées, les déchèteries constituent désormais un levier concret d’économie circulaire, fait valoir l'Astee. Les collectivités sont ainsi invitées à repenser ces équipements souvent conçus il y a plus de 40 ans pour gérer d’autres volumes et types de déchets."
L'association spécialisée dans les questions techniques et scientifiques liées à l'eau et aux déchets a réalisé en partenariat avec l’Ademe, un guide méthodologique sur la déchèterie de demain qui devait être présenté aux Assises nationales des déchets ce 30 septembre à Nantes. Destiné aux élus, responsables de services, maîtres d’ouvrage, exploitants et bureaux d’études, le document vise à les aider à articuler besoins du territoire, accueil des usagers, organisation des flux, sécurité, exploitation et capacité d’adaptation, aussi bien lors de la création d’un équipement qu'à l'occasion de la rénovation ou de la réorganisation d’un site existant. Il aborde successivement le cadrage réglementaire, la programmation du projet, la conception des espaces et des flux, puis les conditions d’exploitation et d’évolution de la déchèterie.
Stratégie territoriale à définir
Dans la transformation actuelle des déchèteries, la question du financement est centrale, insiste l'Astee. "Qui financera demain les investissements, les adaptations de sites et les charges d’exploitation ? interroge l'association. Le modèle économique ne peut plus être apprécié au seul regard du coût de construction. Disponibilité et prix du foncier, niveau de service, capacité d’accueil de nouvelles filières, place réservée au réemploi, sécurité des circulations ou encore accueil des particuliers et des professionnels influent directement sur le dimensionnement et le coût du projet."
Alors que les subventions à l’investissement se font de plus en plus rares, l’effort repose principalement sur les collectivités locales. Le guide de l’Astee les invite donc à définir une stratégie à l’échelle du territoire, à comparer plusieurs scénarios d’implantation et de service, et à intégrer dès la programmation les dépenses d’exploitation, de maintenance et d’adaptation sur l’ensemble du cycle de vie de l’équipement.
Mais les soutiens des éco-organismes - au titre des filières REP - constituent aussi un levier important, par la prise en charge de certaines bennes, du traitement ou d’une partie des coûts d’accueil, voire par un appui à des espaces dédiés au réemploi, rappelle l'Astee. "Ils ne couvrent toutefois pas l’intégralité des dépenses et leurs conditions peuvent évoluer, souligne l'association. Les collectivités doivent ainsi sécuriser leurs projets, anticiper les exigences de qualité des flux et conserver des marges d’adaptation."
"La maîtrise du fonctionnement passe également par une organisation suffisante du haut de quai afin de mieux orienter les matières et de réduire les tonnages de déchets ultimes, particulièrement coûteux, poursuit l'Astee. Elle suppose enfin de définir une tarification adaptée pour les professionnels, d’examiner les aides disponibles et de prendre en compte, avec prudence, les recettes issues de la vente de certaines matières. L’enjeu étant de construire un financement robuste, partagé et évolutif, capable de garantir durablement la qualité du service public."