Un plan d'actions a minima pour les sapeurs-pompiers volontaires
En déplacement dans le Loiret, vendredi 24 avril, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a présenté un nouveau plan d’actions en 34 points visant à attirer des sapeurs-pompiers volontaires. Un plan qui peut paraître timide au regard des enjeux.
© @NunezLaurent/ Laurent Nuñez
Après le pétard mouillé du décret publié en début d’année sur la retraite des sapeurs-pompiers volontaires, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez entend rassurer un secteur en tension, les syndicats se plaignant d’une dégradation des conditions de travail. En visite au Centre d’incendie et de secours de Puiseaux, commune de 3.300 habitants dans le Loiret, qui repose exclusivement sur 34 volontaires, il a présenté, vendredi 24 avril, un nouveau plan d’actions en 34 points visant à attirer de nouvelles recrues. Pourtant officiellement, il n’y a plus d’"érosion", comme le dénonçait il y a quelques années encore la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF). Au 31 décembre, on en comptait 200.961, soit près de 80% des effectifs, le reste étant composé à 15% de professionnels et 5% de militaires (à Paris et Marseille). Au-dessus donc du seuil symbolique des 200.000 volontaires. Assurant les deux tiers des interventions – à moindre coût – ces derniers incarnent le "modèle de sécurité civile à la française", vanté par les différents ministres à chaque congrès des pompiers. Encore que, selon certains syndicats, ces chiffres sont à prendre avec des pincettes.
Concilier vie familiale et vie professionnelle
"Depuis quelque temps, on incorpore les mineurs de 16 ans, on compte aussi les doubles statuts, ceux qui sont à la fois professionnels et volontaires", indique Bruno Ménard, secrétaire général du syndicat national des sapeurs-pompiers de France (SNSPF). Des doubles statuts qui, dans certains Sdis, peuvent représenter jusqu’à 90% des effectifs, comme le soulignait la Cour régionale des comptes de Paca, dans un rapport de 2025 au sujet du Sdis des Alpes-Maritimes. Or, assure le syndicaliste, bon nombre de ces doubles statuts n’exercent en réalité pas comme volontaire, mais ils deviennent ainsi éligibles à la nouvelle prestation de fidélisation et de reconnaissance (NPFR) et se constituent un "complément de retraite". Selon lui, il y a aujourd’hui un vrai risque de désaffection.
Le plan présenté le 24 avril se propose d’agir à la racine, en facilitant l’engagement, en suscitant de nouvelles vocations chez les jeunes et en associant davantage les employeurs. Rien de vraiment neuf. Il y est question de "mallette pédagogique", de "recrutement durable", "d’individualiser le recrutement" pour réduire le temps entre le premier contact et la date d’engagement. Il s’agit aussi de développer la "culture de l’accueil" et de "mobiliser et associer davantage les employeurs" en mettant en place des "rencontres périodiques". Dans son introduction, le ministre identifie bien la nécessité de "mieux concilier leur engagement citoyen avec la vie familiale et professionnelle". Mais le plan n'apporte pas de réelles solutions. Pour le reste, il repose beaucoup sur de la communication. Ce qui peut paraître maigre au regard des problèmes d’une sécurité civile présentée, rapport après rapport, comme "à bout de souffle". La semaine dernière, l’intersyndicale des Sdis avait écrit au Premier ministre pour l’alerter sur "la situation préoccupante de la sécurité civile" et lui demander une entrevue, alors que le projet de loi promis au lendemain du Beauvau de la sécurité civile n’a toujours pas vu le jour. "La pression exercée sur les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires atteint désormais ses limites", estiment les syndicats, qui n'excluent pas une mobilisation.