Un plan de l'Éducation nationale pour mieux anticiper les vagues de chaleur
Le ministère de l'Éducation nationale a mis en ligne son plan de gestion des vagues de chaleur. Fortement axé sur les mesures d'anticipation, il insiste également sur la participation indispensable des collectivités.
© Mairie de Mazan
Alors qu'une vague de chaleur inédite à cette période de l'année touche la France et affecte écoles, collèges et lycées, le ministère de l'Éducation nationale publie ce 28 mai 2026 son "Plan ministériel de gestion des vagues de chaleur". Ce document vient combler un vide, car "à ce jour, aucune réglementation ne définit de critères d'exposition d'un bâtiment administratif ou recevant du public face à une vague de chaleur", et complète les récentes consignes opérationnelles aux directeurs d'école et chefs d'établissement (lire notre article du 26 mai).
Ce plan met l'accent sur les mesures d'anticipation à mettre en œuvre pour protéger les personnels et les élèves et garantir la continuité du service. Il concerne les écoles et établissements d'enseignement publics et privés, sous et hors contrat d'association avec l'État, des premier et second degrés – autrement dit, la totalité du système éducatif français à l'exception des établissements relevant de l'enseignement supérieur.
Diagnostic de vulnérabilité
Au cœur de ce plan – décliné en cinq fiches – on retrouve l'outil central de toute politique d'anticipation : la réalisation d'un diagnostic du bâti scolaire. Son but ? Établir une liste des établissements vulnérables et identifier les travaux et aménagements nécessaires. "Ce recensement et les actions à envisager sur le bâti doivent s'effectuer impérativement avec les services de la collectivité territoriale de rattachement", précise le document. Pour aider à la réalisation de ce diagnostic, une liste des éléments-clés pouvant être cartographiés est proposée.
Une fois la liste des établissements vulnérables établie, la nature des aménagements, le calendrier et l'avancement des travaux envisagés seront précisés pour chaque établissement concerné, toujours en lien "étroit" avec la collectivité de rattachement. En outre, les services académiques sensibiliseront les collectivités à la mobilisation des dispositifs d'accompagnement existants pour la mise en œuvre de travaux, et en particulier le Fonds vert et le programme ÉduRénov. À ce propos, le plan ministériel souligne que la Banque des Territoires, qui porte ÉduRénov, élargit en 2026 son offre à destination des collectivités en proposant de nouvelles missions intégrées à son offre d'ingénierie, notamment le diagnostic express "Améliorer le confort d'été", le plan d'adaptation au changement climatique et l'étude de faisabilité sur la végétalisation des cours.
Analyse des risques quotidienne
Une deuxième fiche porte sur la protection des personnels. Ici, ce sont des mesures de prévention concernant l'aménagement ou l'organisation du travail qui doivent être rappelées aux circonscriptions et établissements scolaires, avec en point de mire une analyse des risques quotidienne lors des épisodes de chaleur intense. La troisième fiche traite de l'adaptation du fonctionnement d'une école ou d'un établissement scolaire, toujours en passant par une première phase d'évaluation des risques en lien avec la collectivité, avant d'en venir à la mise en place de mesures particulières, comme l'aménagement ou l'équipement des locaux, la modification des horaires et des activités ou l'aménagement du transport scolaire, et jusqu'à la fermeture de l'école.
Dans ce dernier cas – et c'est l'objet de la quatrième fiche –, des mesures de continuité pédagogique doivent être mises en place. Là encore, le plan permet de les anticiper. Enfin, la dernière fiche porte sur l'adaptation à l'organisation des examens.
Chaque académie décline l'ensemble de ces mesures selon les spécificités de chaque territoire. Les seuils de référence et de déclenchement des mesures étant notamment adaptés en conséquence. Enfin, il est précisé qu'à l'issue de la période de veille saisonnière – du 1er juin au 15 septembre –, chaque service de défense et de sécurité académique (SDSA) fournira un bilan de la mise en œuvre du plan.