Une personne sur deux rencontre des difficultés à vivre dignement, selon un nouveau baromètre

Une personne sur deux déclare rencontrer des difficultés à vivre dignement, selon un baromètre publié ce 4 novembre par les organisations réunies dans le Pacte du pouvoir de vivre, qui révèle aussi le sentiment de la quasi-totalité des Français de vivre dans une société conflictuelle.

Ce baromètre du Pacte du pouvoir de Vivre et de la Fondation Jean Jaurès, qui vise à nourrir le débat pour la présidentielle, repose sur une enquête Ipsos BVA menée auprès de 12.000 personnes représentatives de la population française. Mis en place en 2019, dans la foulée du mouvement des gilets jaunes, le Pacte du pouvoir de vivre fédère plus de 60 organisations - la CFDT, la Fondation pour le logement des défavorisés, le Réseau action climat....- , pour porter des réponses aux enjeux sociaux et environnementaux.

Ce baromètre met en lumière le sentiment de fragilité ressenti par une part "considérable" de la population, selon les mots d'Amandine Lebreton, directrice du Pacte du pouvoir de vivre, bien au-delà des 15,4% de la population vivant sous le seuil de pauvreté.

Un répondant sur deux déclare s'en sortir difficilement avec les ressources de son foyer et rencontrer des difficultés pour vivre dignement. La même proportion indique avoir renoncé au cours des six derniers mois à acheter des aliments de qualité pour des raisons financières et 59% d'entre eux craignent que les dépenses d'énergie affectent négativement leur niveau de vie dans les prochaines années. 20% des parents disent avoir déjà "renoncé à des souhaits de scolarité ou de formation pour leurs enfants, notamment pour des raisons financières ou faute d'offre adaptée à proximité". Les jeunes expriment une inquiétude plus marquée que leurs aînés quant à l'impact de leurs dépenses de logement. "Ces résultats dessinent les contours d'une vie sous contraintes, dans laquelle les arbitrages ne portent plus seulement sur les dépenses 'accessoires', mais touchent des besoins essentiels et les perspectives d'avenir", soulignent les auteurs.

Au-delà du pouvoir d'achat, d'autres difficultés ou inquiétudes s'expriment, qu'il s'agisse de conditions de travail, d'accès aux soins ou de conséquences du changement climatique. Au final, les fragilités "se cumulent, réduisant progressivement la capacité des personnes à vivre dignement, à choisir leur vie et à envisager sereinement leur avenir", peut-on lire.

"Il y a dans le pays un sentiment de déclin personnel, pour soi-même ou son foyer", a alerté Jérémie Peltier, codirecteur de la Fondation Jean Jaurès, évoquant des "vies rétrécies" notamment par le coût des carburants.

Le baromètre révèle aussi l'ampleur de la solitude : 35% des répondants (et 40% des 35-49 ans) disent n'avoir personne ou presque sur qui compter en cas de coup dur, faisant ressortir l'importance des solidarités collectives, selon les commanditaires. La quasi-totalité des Français (95%) estime en outre vivre dans une société conflictuelle, 59% d'entre eux voyant l'insécurité et les incivilités comme première cause de tension, 42% les inégalités.

Pour les membres du Pouvoir de vivre, ces constats appellent des réponses politiques. Leur objectif principal est "de peser dans la campagne présidentielle et d'éviter que l'extrême droite arrive au pouvoir", a souligné la secrétaire générale de la CFDT, Maryline Léon.

Face à la mobilisation actuelle des jeunes, inquiets pour leur avenir, Christophe Robert, le porte-parole du Pacte du pouvoir de vivre et délégué général de la Fondation pour le logement des défavorisés, a dit avoir "le sentiment d'un immense gâchis en voyant la cécité du gouvernement et parfois la dureté des réponses".

 

Abonnez-vous à Localtis !

Recevez le détail de notre édition quotidienne ou notre synthèse hebdomadaire sur l’actualité des politiques publiques. Merci de confirmer votre abonnement dans le mail que vous recevrez suite à votre inscription.

Découvrir Localtis