Villes de France : commerce et polices municipales parmi les sujets phares de l'année

L'association Villes de France organisait sa cérémonie de voeux ce 14 janvier en présence de Françoise Gatel. L'occasion pour ses représentants, en cette fin de mandat municipal, de redire certaines inquiétudes et certains sujets de mobilisation. La situation du commerce de centre-ville en fait largement partie. Et le projet de loi polices municipales est attendu avec impatience.

C'est en présence de la ministre Françoise Gatel que Villes de France a été ce 14 janvier la première association d'élus locaux à organiser sa cérémonie de vœux. En sachant que le président de Villes de France, Gil Avérous, son président délégué, Jean-François Debat, et son vice-président, David Marti, avaient eu une réunion avec elle quelques heures plus tôt au ministère et avaient donc déjà pu l'interpeller sur un certain nombre de sujets. Et dire certaines inquiétudes. Inquiétude, tel que l'a exprimé Gil Avérous, face à cette "instabilité politique nationale qui a des conséquences très concrètes sur nos collectivités", face à "des conditions d'exercice qui se complexifient fortement", face à "une vision extrêmement réductrice des villes moyennes", face à une certaine méconnaissance des "noyaux de pauvreté" qui marquent ces villes et leurs quartiers… En bref, l'année qui s'est achevée a selon lui été tout sauf facile.

Certes, quelques motifs de satisfaction toutefois, tel que l'aboutissement de la loi statut de l'élu. Et de nombreux sujets de mobilisation de l'association. Son président a notamment évoqué le Beauvau des polices municipales ayant débouché sur ce projet de loi "attendu avec impatience" qui va arriver au Sénat en première lecture en février, tel que l'a confirmé Françoise Gatel.

Autre grand sujet pour ces villes de 10.000 à 100.000 habitants et leurs agglomérations : le commerce, sachant que sur le terrain, "les difficultés des commerçants" semblent aller croissant. Gil Avérous s'est réjoui que Sébastien Lecornu ait confirmé en novembre lors du congrès des maires qu'il y aura bien une "poursuite" du programme Action cœur de ville (ACV), l'association ayant depuis un bon moment plaidé pour un "ACV3". Et continuant de demander "un volet commerce renforcé", sur la base des préconisations du rapport Macarez-Saintoyant-Schelcher remis au gouvernement en novembre dernier. "Il y a une urgence vitale" et il faut "donner aux maires de véritables leviers de décision", sans quoi la "désertification commerciale" étendra ses ravages, a plaidé le maire de Châteauroux. Celui-ci a mentionné au passage le dossier spécifique de l'avenir des Galeries Lafayette, longtemps "locomotives" pour 26 centres-villes. Un groupe de travail a été mis en place avec l'Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) pour mener une "analyse juridique et foncière". Philippe Buisson, le maire de Libourne, est référent là-dessus.

Jean-François Debat a lui aussi mis l'accent sur le commerce, évoquant les "évolutions de pratiques" (e-commerce notamment) dont il faut tenir compte, mais aussi les "autres activités" susceptibles de soutenir le dynamisme des centres-villes. Pour Françoise Gatel, il faut reconnaître les "changements d'habitudes" des consommateurs et ne jamais perdre de vue la nécessité de lier "services publics, commerce et logement" - parce qu'au-delà de sa fonction commerciale, la ville-centre tient aussi son "attractivité" à ses services, parce que la présence de services génère du "flux" profitable au commerce. Et la ministre d'appeler à ce titre les maires à ne pas soutenir l'implantation en périphérie de lieux tels qu'un conservatoire ou de partenaires tels qu'un office notarial.

Il a naturellement été par ailleurs question de décentralisation, avec ce projet de loi en vue qui, a redit Françoise Gatel, ne sera "pas un grand soir" et inclura un volet déconcentration ("si le préfet est le chef d'orchestre, ça peut nous changer la vie"). Elle a dans ce cadre évoqué le logement, en tant que politique publique ayant tout intérêt à être davantage décentralisée. Il y a selon elle "un consensus pour considérer que les intercommunalités doivent avoir davantage de capacités" dans ce domaine et elle juge légitime de donner aux maires un rôle accru dans l'attribution de logements sociaux.

Les diverses politiques publiques en partie décentralisées aujourd'hui ont déjà conduit les villes et leurs intercos à en faire toujours plus. Sur l'habitat justement, les élus se démènent toujours davantage pour "trouver des solutions" en faveur de l'accès au logement, "y compris pour les jeunes, pour les actifs en mobilité ou les personnes vieillissantes", a témoigné Jean-François Debat. Ou encore sur les énergies renouvelables, "nous avons dû créer des postes" pour monter en puissance. Sans oublier le rôle moteur que doit selon lui plus que jamais jouer le bloc local en faveur de la "cohésion sociale" du pays, que ce soit "à travers les politiques de sécurité publique, l'action sociale, la petite enfance…".

Mais pour cela, "il faut qu'on nous laisse les moyens dont nous disposons", prévient-il, ajoutant : "Nous ne nous plaignons pas, nous alertons". Pour le maire de Bourg-en-Bresse, "si le projet de loi de finances pour 2026 est maintenu en l'Etat et si le budget 2027 n'est pas meilleur, alors nous serons hors d'état de mener nos politiques publiques". Françoise Gatel a une nouvelle fois fait valoir l'impérieuse nécessité de maîtriser la dette du pays, tout en glissant que sur les dispositions finances locales du PLF, "l'atterrissage n'est pas encore acté".

Gil Avérous a fait savoir que le prochain congrès de Villes de France, qui sera le premier congrès d'élus locaux après les municipales, aura lieu les 2 et 3 juillet à Roanne dans la Loire.

 

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