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Innovation sociale - 27 "territoires French impact" désormais sur les rails

Sept nouveaux collectifs territoriaux viennent d'obtenir le label "French impact" et entrent ainsi dans une démarche visant à relever des défis sociaux et environnementaux par la coopération et l'innovation sociale. Alors que les 20 premiers territoires avaient été sélectionnés en février 2019, Stéphanie Goujon, directrice générale de l'association French impact, a fait le point avec Localtis sur la démarche et les débuts du programme.

Sept nouveaux territoires ont été labellisés "French impact" fin 2019, rejoignant une dynamique impulsée par le Haut-commissariat à l'économie sociale et solidaire et à l'innovation sociale (ministère de la Transition écologique et solidaire) qui vise à "accélérer l'innovation sociale au service des défis sociaux et écologiques des territoires". Ces territoires sont Toulouse Métropole, le Grand Narbonne, l’Occitanie Est, Grenoble Alpes Métropole, le Grand Chambéry, le Genevois InnoVales et le Grand Poitiers. Ils ont été distingués dans le cadre d'un appel à manifestation d'intérêt, tout comme les 20 autres territoires qui avaient reçu le label dès février 2019 (voir notre article du 26 février 2019). Principaux critères de sélection : la force du collectif et la diversité de ses membres (dont des collectivités, mais aussi des entreprises sociales ou autres acteurs de l'ESS, etc.) et l'identification de trois "défis" prioritaires pour le territoire.

Bâtir des feuilles de route et permettre le transfert d'expertise entre territoires  

"Cinq thématiques clé sont remontées des territoires, sans que rien n'ait été impulsé au niveau national : l'alimentation durable et les circuits courts, l'économie circulaire et la valorisation des déchets, l'inclusion par l'emploi, la mobilité douce et le bien vieillir", a expliqué à Localtis Stéphanie Goujon, directrice générale de l'association French impact. Après un temps de "célébration politique", le travail opérationnel avec les 20 premiers territoires labellisés n'a commencé qu'à la fin du mois de mai 2019. Première étape : la "co-construction de feuilles de route" par chacun de ces collectifs à partir des défis identifiés. L'enjeu est notamment de structurer le collectif "en mode projet" et de dégager des crédits d'ingénierie et d'animation. L'association French impact s'attache également à faciliter le transfert d'expertise entre ces territoires ; l'expertise de Nantes sur les tiers-lieux au profit de Strasbourg, par exemple.

Faire émerger des solutions locales et nourrir la réflexion sur l'impact

Parmi les démarches les plus avancées, Stéphanie Goujon cite le territoire de Valence-Romans-sur-Isère (Drôme), également startup de territoire et lauréat du programme d'investissement d'avenir "Territoire d'innovation de grande ambition". Le programme French impact devrait permettre de mobiliser, auprès de fonds d'investissement à impact (voir l'encadré à notre article du 23 septembre 2019), des financements complémentaires à ceux du PIA. Le collectif a permis de faire émerger une solution de consigne, suscitant la création de deux emplois dans une entreprise d'insertion (l'ambition est d'en avoir bientôt une dizaine).

Sur un autre projet, une micro-ferme urbaine portée par la cité de l'agriculture à Marseille, l'association French impact fournit un appui sur la recherche de financements et sur la mesure d'impact. "On fait la passerelle entre les questions posées par cette initiative à Marseille et des questions plus générales sur les modèles économiques. Aujourd'hui des politiques publiques veulent encourager la nature en ville et les fermes urbaines, mais il s'agit de bien valoriser les dimensions pédagogiques, environnementales ou encore liées à l'insertion de telles initiatives, porteuses d'impacts positifs mais qui représentent aussi des charges pour les porteurs de projet", précise Stéphanie Goujon.

Nouer des partenariats avec des entreprises et des hauts-fonctionnaires

Autre axe de travail : la connexion entre ces collectifs territoriaux et des réseaux d'entreprise – notamment ceux de la démarche portée par le ministère du Travail "La France, une chance. Les entreprises s'engagent". L'objectif : favoriser tout type de collaboration – mentorat, mécénat financier, mécénat de compétence, partenariat opérationnel, achat.

La démarche French impact a également pour but de lever certains freins réglementaires, à travers un dispositif de parrainage de hauts-fonctionnaires qui fonctionne aujourd'hui pour les entreprises "pionnières" French impact et qui devrait prochainement être mis en œuvre au profit des territoires.

Les "Territoires French impact" n'en sont donc qu'à leurs débuts, même si certains collectifs sont plus anciens avec notamment parmi eux plusieurs pôles territoriaux de coopération économique. La directrice de l'association espère "voir éclore une dizaine de projets précis dans les 12 à 18 mois" et, plus globalement, voir se consolider les "écosystèmes". En mars prochain, une première approche de "mesure d'impact territorial" devrait permettre de dégager des enseignements.

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