Adaptation des hôpitaux et Ehpad publics au changement climatique : la FHF demande un fonds vert de 1 milliard d'euros par an

L'adaptation au changement climatique est devenue "une nécessité existentielle", a plaidé le président de la Fédération hospitalière de France ce 8 septembre 2026. Après un été particulièrement éprouvant, les hôpitaux et établissements médicosociaux publics demandent les moyens d'investir, via un fonds vert doté de 1 milliard d'euros par an et un budget 2027 préservant leur trésorerie. 

Face à un été "extrême" - "52 jours de canicule intense, des incendies d'une ampleur exceptionnelle et plus de 7.300 décès en excès" -, les hôpitaux et établissements médicosociaux publics "ont réalisé un tour de force humain et organisationnel", pour la Fédération hospitalière de France, qui tenait ce 8 septembre 2026 sa conférence de presse de rentrée. Ouverture de 200 lits supplémentaires en 48 heures par le CHU de Bordeaux, évacuation d'Ehpad en pleine nuit, renforts temporaires et heures supplémentaires pour absorber la hausse d'activité… 

Canicule : une médiane de 32 degrés dans les services d'urgence 

L'hôpital public a tenu bon malgré les difficultés - dont l'inadaptation des locaux aux fortes chaleurs, des difficultés d'accès aux lits d'aval, la dégradation parfois de la réponse de la médecine de ville et des transports sanitaires -, selon la FHF qui a interrogé son réseau. Dans les services ayant répondu à une enquête de Samu-Urgences de France, "la médiane mesurée était de 32 degrés", rapporte le docteur Yann Penverne, président de ce réseau. Il rappelle que ces températures extrêmes constituent "un véritable problème" puisque, dans les services concernés, "les malades meurent plus et il est beaucoup plus difficile d'y travailler". 

Alors que 100 millions d'euros ont été débloqués en urgence pour doter les établissements d'équipements de rafraîchissement, la FHF appelle à franchir une étape supplémentaire en constituant un "fonds vert" d'un milliard d'euros par an - hors Ondam - à partir de 2027, pour adapter au changement climatique les hôpitaux et établissements médicosociaux publics, mais également les facultés de santé. 

"L'adaptation n'est pas une question technique mais une nécessité existentielle pour notre société. Si les événements de cet été ne provoquent pas un sursaut collectif, je ne vois pas ce qui le fera", a plaidé le président de la FHF, Arnaud Robinet. L'inspection générale des affaires sociales (Igas) "estime entre 27 et 67 milliards d'euros le coût des investissements de rénovation énergétique nécessaires entre 2025 et 2050, soit 1 à 2,5 milliards d'euros par an", rappelle la FHF, se référant à un rapport de juillet 2024 (voir notre article). 

Impact des déficits sur la trésorerie : un risque sur "la capacité des établissements à fonctionner"

Et pour que les établissements puissent investir, il importe de consolider leur trésorerie, actuellement fragilisée. Si le déficit des hôpitaux publics a diminué en 2025 (de l'ordre de 2,3 milliards d'euros après 2,9 milliards d'euros en 2024), "les déficits accumulés année après année épuisent la trésorerie", ce qui se traduit par un retard dans le paiement des fournisseurs et les décisions d'investissement, a alerté Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF. "La question n'est plus seulement comptable : elle touche la capacité des établissements à fonctionner et à s’approvisionner", selon la FHF. 

La Fédération insiste sur le fait que les déficits proviennent d'un sous-financement des effets prix sur les dépenses de personnel, et non pas d'un défaut de productivité des établissements de santé. Cette dernière aurait à l'inverse été améliorée, l'activité de séjours ayant augmenté de 10% entre 2023 et 2025 avec pendant cette période une hausse modérée des effectifs (+ 1,5%). 

Dans la perspective du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2027, la Fédération juge ainsi nécessaire une hausse de l'Ondam de 3,9%, dont 0,7 point de compensation intégrale de l'augmentation des cotisations CNRACL.

La FHF demande également "des moyens à la hauteur pour le secteur médicosocial public" : une hausse de 4,3% en 2027 de l'objectif global de dépense (OGD) des établissements sociaux et médicosociaux, dont 4,8% pour les personnes âgées et 3,6% pour les personnes handicapées. Cette évolution permettrait notamment, selon la FHF, de poursuivre la mise en œuvre des engagements pluriannuels de développement de l'offre, de continuer à renforcer les effectifs dans les Ehpad et de généraliser la fusion des sections soins et dépendance des Ehpad. 

 

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