Agences et opérateurs publics protestent contre les coupes budgétaires
Une centaine de membres du personnel d'agences publiques sanitaires et environnementales ont manifesté ce 15 octobre à Paris, près de l'Assemblée nationale, pour dénoncer les projets de réformes et d'économies budgétaires qui menacent selon eux l'indépendance, voire l'existence de ces organismes. Parmi les organismes mobilisés, les Conseils d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement (CAUE), qui jugent leur survie menacée, ont adressé une lettre ouverte au Premier ministre, aux autres membres du gouvernement et aux parlementaires appelant à la création d'un fonds d'urgence dédié.
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"C'est déjà la canicule, pas envie que nos agences brûlent" ou "Pour une écologie guidée par la science et les faits, pas par les préfets", indiquaient les pancartes des participants à la manifestation de ce 15 octobre, issus de Santé publique France, Météo France, de l'Office français de la biodiversité ou encore du Muséum national d'Histoire naturelle. "On est motivés pour combattre le budget 2027 qui, avec ses coupes, vient ajouter aux difficultés que nos structures connaissent déjà", a déclaré à l'AFP Léo Mariasine, coordinateur du collectif à l'origine de ce rassemblement, baptisé "Agences en lutte". Le collectif réunit principalement les sections CGT de ces organismes, mais des représentants CFDT ont aussi participé au rassemblement.
"Certaines de nos structures ne sont pas connues du grand public et c'est pour ça qu'on s'est coalisés pour sortir de notre isolement et se faire entendre", a ajouté Léo Mariasine, syndicaliste CGT à l'Institut Paris Région (qui réalise des recherches sur l'urbanisme pour la région Île-de-France).
Mesures budgétaires fragilisant missions et capacités d'action
Les agences, opérateurs et instituts publics sont "particulièrement visés par des mesures budgétaires, législatives et symboliques qui fragilisent leurs missions et leurs capacités d'action", alertait le collectif dans son appel à manifester.
Examiné depuis mardi 13 octobre à l'Assemblée, le projet de budget 2027, qui vise 43 milliards d'euros de "mesures de redressement", taille notamment dans les financements alloués à plusieurs de ces structures. D'après le ministère de la Transition écologique, l'Ademe va perdre 16 postes l'an prochain, l'OFB, 24, les agences de l'eau, 15 et les parcs nationaux, 10. Il est aussi prévu de supprimer 25 postes à l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) et 60 au Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema).
CAUE en danger
L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) et les Conseils d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement (CAUE) figurent aussi dans le collectif. Ces derniers ont adressé une lettre ouverte à Sébastien Lecornu et aux autres membres du gouvernement, ainsi qu'aux parlementaires. Signé par des élus et acteurs de l'aménagement durable, le document appelle à la création "immédiate" d’un "fonds d’urgence" venant au secours des CAUE. Ils jugent la pérennité de nombre d'entre eux menacée à très court terme, la collecte de la taxe d’aménagement, qui constitue leur principale source de financement, s'étant effondrée (lire notre article). "De très nombreux dysfonctionnements, documentés par différents rapports, ont entaché sa mise en oeuvre et s’ajoutent à une baisse de la construction, poursuivent-ils. Communes, intercommunalités et départements subissent également de plein fouet cet effondrement fiscal, grevant le financement des infrastructures pour le bloc communal et les moyens de la politique des Espaces naturels sensibles (ENS) pour les départements.
"Cette crise, subie depuis fin 2024, n’est plus tenable pour les CAUE", ajoute la lettre. Ils estiment que la création immédiate d’un fonds d’urgence national dédié leur permettrait de "sécuriser sans délai la continuité de leurs missions d’intérêt public", "prévenir les réductions d’activité, les suppressions de postes et les fermetures de structures", "garantir une égalité d’accès au conseil, notamment dans les zones rurales, périurbaines et les territoires les plus fragiles, et d’éviter les ruptures d’accompagnement dans les territoires", et de "préserver les compétences, les savoir-faire et l’expertise capitalisés depuis de nombreuses années".