Développement durable - Agendas 21 locaux : 86 collectivités distinguées

Le 19 décembre, une soixantaine de communes, 17 établissements publics de coopération intercommunale, quatre départements et une région ont reçu le label "Agenda 21 local France".

Le ministère de l'Ecologie a retenu les Agendas 21 locaux de 86 collectivités et territoires en 2013 à l'issue du huitième appel à reconnaissance de ces projets de développement durable, dont les résultats ont été annoncés le 19 décembre. La cérémonie de remise a fait salle comble. "Cela porte à 470 le nombre total de collectivités (et parcs naturels régionaux) membres de ce qui forme en quelque sorte un club d'excellence des bonnes pratiques, et qui doit rester à l'avenir le plus ouvert possible. Le rythme des candidatures, qui atteint une centaine par an, s'accélère depuis la mise en place du dispositif en 2006. Ce qui démontre bien que les collectivités restent les porteuses d'une innovation permanente. Certaines sont reconnues pour la deuxième, voire troisième fois", a félicité en introduction Jean-Paul Albertini, délégué interministériel au développement durable et commissaire général au développement durable. A la tête du comité national chargé de la sélection, il voit quatre tendances se dégager parmi les dossiers remis : la multiplication des exercices de prospective participative (voir le territoire à long terme en sollicitant les avis des habitants), un "net enracinement, sûrement un effet dû à la crise, dans les préoccupations quotidiennes des citoyens", l'importance du développement local, des circuits courts, de l'économie sociale et solidaire, et enfin l'accent mis sur l'exemplarité des collectivités en leur sein même, avec une "forte dimension managériale".

Valeur sûre ou nouveau souffle ?

Cette sélection distingue les petites et moyennes communes, les intercommunalités, départements et régions. Dans la première catégorie (moins de 10.000 habitants), des communes comme Changé (Mayenne), Saint-Étienne-de-Montluc (Loire-Atlantique), Locmaria (Morbihan) ou Ayen (Corrèze) ont été récompensées. Jérôme Perdrix, conseiller municipal chargé du développement durable à la mairie d'Ayen, raconte avoir élaboré un Agenda 21 chapeautant une vingtaine d'actions, avec une quarantaine d'indicateurs pour suivre leur déploiement. "Nous projetons par exemple de mettre en place une solution de covoiturage entre voisins, combinée à une monnaie locale qui pourra être utilisée chez nos commerçants", cite-il. A Tourville-la-Rivière (Seine-Maritime), un élu revient sur l'intérêt de l'outil, dont beaucoup disent qu'il a besoin d'un nouveau souffle : "Rénovation d'un gymnase, développement du compostage individuel : l'instrument conserve bien sa vocation de socle pour des actions qui, sans cela, seraient disparates. Il en structure le pilotage et la gouvernance. Essentiel aussi, ces actions ne sont pas imposées par le haut mais viennent des habitants." Parmi les communes de plus de 10.000 habitants distinguées figurent, entre autres, Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), Cognac (Charente), Echirolles (Isère, seconde reconnaissance), Granville (Manche), Lanester (Morbihan), Puteaux (Hauts-de-Seine) et Vitrolles (Bouches-du-Rhône). Philippe Le Strat, adjoint aux transports à Lanester, rappelle que la démarche prend du temps : l'Agenda 21 local y a été lancé il y a quatre ans et les premiers indicateurs de suivi sortent à peine. Ce temps à prendre est ceci dit nécessaire pour éviter l'agenda "technocratique" ou "copier-coller" : le cadrage initial, le diagnostic du territoire, surtout s'il s'ouvre aux contributions des habitants, ne se font pas en quelques jours. Mais Philippe Le Strat ne se démonte pas : l'exercice est, selon lui, "fantastique pour la démocratie participative. Les lieux de dialogue habituels que sont les conseils de quartier ne sont d'ailleurs pas les seuls à être mobilisés. Commissions extra-municipales ou même comités d'usagers de la restauration collective le sont aussi".

Le chantier de l'évaluation

Sur les 17 intercommunalités distinguées figurent Métropole Nice Côte d'Azur (troisième reconnaissance), des communautés de communes comme celle de Lamballe (Côtes-d'Armor) ou du Pays de Saint-Flour (Cantal) et des communautés d'agglomération comme celle du Pays d'Aix (Bouches-du-Rhône). Sur le territoire de celle-ci, six communes sont également dotées et reconnues pour leurs Agendas 21. "Entre les Agendas 21 de divers échelons locaux, plus de cohérence est nécessaire. C'est une piste de travail dans le cadre de la préparation de notre prochain appel à reconnaissance", précise Jean-Paul Albertini. Autre enjeu et exercice difficile mais stratégique : l'évaluation de l'efficacité des politiques mises en œuvre grâce à l'Agenda 21. Ce qui nécessite de choisir de bons indicateurs, robustes et clairs, et de les faire vivre. Il y a dix ans, les collectivités tâtonnaient dans ce domaine réputé complexe et pouvant vite tourner à l'usine à gaz. "Aujourd'hui encore, le domaine reste peu exploré", déplore Jean-Paul Albertini. D'autres sources de progrès se trouvent dans la manière dont les services de l'Etat accompagnent les communes et dans le déroulement même de ce processus national de reconnaissance. Enfin, quatre conseils généraux (Doubs, Gers, Lot-et-Garonne, Tarn) et une région (Franche-Comté) ont décroché cette reconnaissance, ce "label" valable pour trois ans. Fait notable, après s'être appuyé il y a cinq ans pour son lancement sur un groupe de référents composé d'une quinzaine d'agents volontaires répartis dans chaque direction, l'Agenda 21 du conseil régional de Franche-Comté a ricoché sur la réalisation d'Agendas 21 scolaires dans la quasi-totalité des lycées francs-comtois. Un exemple à suivre ?