Tourisme / Finances - AirBnb annonce l'extension de la collecte de la taxe de séjour à 18 villes françaises

Dans un communiqué du 15 juin, le site d'intermédiation locative touristique AirBnb annonce qu'il collectera la taxe de séjour pour toutes les locations dans 18 villes françaises, à compter du 1er août. Jusqu'à présent, cette collecte concernait uniquement Paris et Chamonix. Cette extension marque un premier pas vers une généralisation de la perception de la taxe de séjour, qui devrait s'étendre également aux autres opérateurs de l'intermédiation locative touristique.

Métropoles régionales et villes touristiques

La liste des 18 villes concernées par cette extension comprend pour moitié des grandes métropoles régionales : Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Nice, Strasbourg et Toulouse. Mais elle comporte aussi des villes moyennes à la vocation touristique affirmée : Aix-en-Provence, Ajaccio, Annecy, Antibes, Avignon, Biarritz, Cannes, La Rochelle et Saint-Malo.
En y ajoutant Paris et Chamonix, "ces vingt villes accueillent plus de 50% des voyageurs AirBnb qui ont séjourné en France l'an dernier", selon la plateforme. Celle-ci n'entend pas s'arrêter là et son communiqué affirme qu'elle étendra "la collecte de la taxe de séjour à davantage de villes à partir de 2017, lorsque l'administration française aura constitué un fichier permettant d'identifier les communes et les taux applicables. Cela contribuera encore davantage à disperser les bénéfices du tourisme dans les territoires". Une allusion au très attendu fichier des tarifs de la taxe de séjour incombant à la direction générale des finances (DGFIP), vivement réclamé par l'Association des maires de France (AMF) et qui vient de faire l'objet d'un arrêté sur ses modalités de constitution (voir nos articles ci-contre des 11 mai et 14 juin 2016). La première édition de ce fichier devrait être mise à disposition le 31 décembre prochain, ce qui explique la date du 1er janvier 2017 pour l'extension à d'autres villes.

Reste la question de la concurrence...

L'enjeu est important puisque Paris a indiqué avoir encaissé 1,169 million d'euros de taxe de séjour reversée par AirBnb, pour les trois derniers mois de 2015 (à raison de 0,83 euro par personne et par nuit), tandis que la plateforme indique avoir versé 40.000 euros à Chamonix pour cinq mois de collecte.
Dans un communiqué du 15 juin, l'AMF se dit satisfaite de "la proposition transitoire d'AirBnb de collecter la taxe de séjour dans vingt villes dès le 1er août 2016" et prend acte de "l'engagement d'AirBnb sur la poursuite de la collecte de la taxe de séjour dans les autres villes concernées grâce à la publication prochaine du fichier de la DGFIP".
Si le contentieux sur le versement de la taxe de séjour par les plateformes d'intermédiation locative semble ainsi en voie de règlement, le contentieux avec le secteur de l'hôtellerie reste entier. Ce dernier accuse en effet les plateformes de concurrence déloyale, que l'assujettissement à la taxe de séjour ne suffit pas à atténuer. Ce conflit se retourne contre la taxe de séjour, puisque l'Umih (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, principale organisation patronale du secteur) a invité ses adhérents à boycotter son versement dans les villes hôtes de l'Euro 2016, soit une perte potentielle de 7,5 millions d'euros... Une façon de protester contre l'accord de partenariat entre l'UEFA et Abritel, une autre plateforme d'intermédiation locative.

 

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