Apprentissage, CEJ, demandeurs d’emploi : les premiers arbitrages budgétaires connus pour 2027

Le ministère du Travail compte préserver les aides aux employeurs d’apprentis ainsi que l’enveloppe dédiée au contrat d’engagement jeune. Mais il va tailler dans les dotations versées aux régions pour la formation des chômeurs.

Avec 2,5 milliards d’euros de moins envisagés par le gouvernement d’après le plafond de dépenses pour le projet de loi de finances 2027 de Bercy dévoilé en juillet (lire notre article), on savait déjà la "mission travail-emploi" particulièrement ciblée par de futures coupes. On en connaît désormais les premiers arbitrages. Dans une interview au Parisien publiée le 27 août, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, confirme une participation de "plusieurs milliards" sans que les chiffres ne soient encore "complètement calés".

Le CEJ et l’apprentissage préservés

Les crédits visant les jeunes sont les plus épargnés. Souhaitant "maintenir la barre des 800.000 apprentis l’année prochaine", le ministre s’engage au maintien des aides à leurs employeurs (lire notre article) ainsi qu’au financement de l’effort de formation dans les CFA. 

Mais l’aide apportée par les régions au fonctionnement et à l’investissement dans les CFA n’échappe pas aux coupes. Ces dotations versées par l’État, déjà fortement réduites, vont disparaître en 2027, comme l’a appris Régions de France le 22 juillet dernier. "Dès 2026 des CFA auront du mal à payer leurs formateurs, à moderniser leurs plateaux techniques, à rénover leurs internats", indique Régions de France. Et d’estimer que "ce n’est pas l’enveloppe de 80 millions d'euros annoncée par le ministère qui permettra de répondre à cette situation critique".

"J’ai également pu préserver les enveloppes consacrées aux contrats d’engagement jeune (CEJ)", a annoncé Jean-Pierre Farandou, sans plus de précisions. 

Un demi-milliard en moins pour la formation des chômeurs

Ce sont les demandeurs d’emploi qui apparaissent comme les principaux perdants du futur budget. Pour 2027, le gouvernement tourne la page des pactes régionaux d’investissement dans les compétences (Pric), qui reposaient sur le cofinancement, par l’État, des plans formation des chômeurs pilotés par les régions : les crédits sont ramenés à zéro, contre 527 millions d’euros en 2026, enveloppe alors déjà rabotée de 56% (lire notre article). Une décision que Régions de France a aussi qualifiée d’une "brutalité totale". 

Sous l’effet des Pric, le nombre d’entrées en formation financées par l’État et les régions, hors utilisation du compte personnel formation, avait progressé de 24% entre 2017 et 2023, passant de 801.000 à près d’un million (lire notre article). De quoi contribuer à porter à 10,1% la part des inscrits à France Travail admis en formation (hors CPF) dans les douze mois suivant leur inscription en 2023, soit 1,5 point de plus qu’en 2017. Le désengagement actuellement à l’œuvre commence à poser des difficultés aux organismes de formation : 63% notent une commande publique en baisse au premier semestre 2026, selon un sondage des Acteurs de la compétence. 

 

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