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Assistantes maternelles : le collectif des gilets roses demande des consignes claires

Confrontées à des annonces qu'elles estiment "contradictoires" entre l'État et les départements, mais aussi entre départements, les assistantes maternelles regroupées dans le collectif des gilets roses ont adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron, ainsi qu'à Olivier Véran et Muriel Pénicaud. Elles se sentent en effet désemparées et sous informées sur une série de questions très concrètes : "Comment faire avec de jeunes enfants qui partagent leurs jouets à longueur de journée et qui bavent partout ? Donner un biberon, changer une couche en respectant un mètre de distance ? Tout cela sans matériel de protection (gants, masque, gel hydroalcoolique). Qui doit nous fournir ce matériel pour continuer à exercer notre activité ? Les parents employeurs ? Le gouvernement ? Les conseils départementaux ? Les PMI ? Nous n'avons pas de supers pouvoirs !". Un sentiment confirmé par la CSAFAM (Confédération des syndicats d'assistantes familiales et assistantes maternelles), dans un courrier adressé à Christelle Dubos, la secrétaire d'État auprès d'Olivier Véran : "Les conseils départementaux, les PMI ou les RAM sont pour une grande partie injoignables, ou incapables de donner quelque directive que ce soit ; les autres ont veillé à informer les professionnels mais diffusent des informations totalement erronées qui leur causeront sans doute des préjudices [...]".

Mais les interrogations portent aussi sur l'accueil des enfants. Les assistantes maternelles vivent mal qu'on leur impose "de continuer à accueillir les enfants non prioritaires". Les gilets roses pointent notamment le fait que "toutes les informations transmises par les conseils départementaux ou les RAM (relais assistantes maternelles) sont contradictoires et nous ne savons plus sur quelles directives nous appuyer. Il serait temps de nous prendre en considération et d'être clair, précis et réaliste sur nos conditions de travail". La consigne nationale est de continuer à accueillir les enfants dont les parents exercent une activité indispensable dans le contexte actuel. Cela concerne bien sûr tous les soignants. Mais, selon les départements, cette consigne est interprétée comme incluant ou non les professionnels des établissements "indispensables à la vie de la Nation" (comme les salariés des commerces alimentaires, des banques ou des stations-service), voire les personnes qui ne peuvent exercer leur activité en télétravail.

Le climat se tend également entre les assistantes maternelles et les parents. Les premières dénoncent en effet certains parents employeurs, qui "sont en réalité en confinement de complaisance et continuent d'amener leurs enfants chez leur assistante maternelle". A cela s'ajoutent de fortes incertitudes sur les aspects sociaux et contractuels (droit de retrait, licenciement, jour de carence...). Sans oublier l'attente de davantage de considération à l'égard de cette profession, comme l'exprime le collectif : "Hier nous n'étions rien ! Aujourd'hui nous sommes des supers héros car chez nous le coronavirus s'arrête sur le pas de notre porte d'entrée, mais entendez notre colère et désarroi et faites rapidement les annonces qui s'imposent !".

 

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