Atlas 2026 des services publics locaux : la réalité des territoires dépasse les couleurs politiques

À moins d'un an de la présidentielle, l'Institut de la gestion déléguée (IGD), en partenariat avec France urbaine et Intercommunalités de France, publie la 4e édition de son Atlas des services publics locaux. Fondée sur l'observation de 176 intercommunalités sur treize ans, l'étude confirme l'absence de lien entre couleur politique et mode de gestion, et révèle une organisation bien plus mosaïque que les postures nationales ne le laissent penser.

Fidèle à sa mission d'observatoire, l'Institut de la gestion déléguée (IGD) interroge depuis plus de quinze ans les pratiques locales pour répondre à une question simple : "qui fait quoi et comment ?" en matière de services publics. Présentée fin juin 2026 à Paris, cette nouvelle édition confirme trois enseignements déjà révélés par la précédente édition. D'abord, aucune causalité n'a pu être établie entre l'appartenance politique des exécutifs intercommunaux et le choix d'un mode de gestion.  Gestion directe ou gestion déléguée, ce choix reste avant tout motivé par la recherche d'efficacité et traduit un pragmatisme propre à chaque territoire.

Mosaïque de modes de gestion selon les secteurs

Deuxième constat : aucun EPCI n'a recours à un modèle unique pour l'ensemble de ses services publics. Les arbitrages dépendent de la nature du service, de sa technicité et de ses enjeux financiers ou opérationnels. La gestion déléguée s'impose ainsi plutôt dans les secteurs exigeant des savoir-faire complexes, comme le transport urbain ou les réseaux de chaleur, tandis que la gestion directe domine dans des activités moins capitalistiques ou technologiques, telles que la collecte des déchets ou l'éclairage public.

Une capacité de réversibilité 

Enfin, troisième constat, l'Atlas met en lumière la capacité d'adaptation des collectivités : entre 5% et 32% des EPCI ont changé de mode de gestion depuis 2019, ou envisagent de le faire à l'occasion des prochaines échéances contractuelles. Une dynamique qui confirme, selon l'IGD, la réversibilité dont disposent les territoires pour ajuster leurs choix au service de la qualité et de la performance des services publics.

Nouveauté de cette édition : pour la première fois, l'IGD a eu recours à l'intelligence artificielle pour compléter certaines données, en complément d'entretiens qualitatifs menés auprès des collectivités. Cette évolution méthodologique "doit permettre une actualisation plus régulière de la cartographie, renforçant sa vocation d'outil d'aide à la décision pour les élus", estime l'IGD. 
Au total, l'échantillon de 176 intercommunalités permet de suivre, sur les treize dernières années, l'évolution des modes de gestion de 9 services : eau, assainissement, collecte et valorisation des déchets, transports, stationnement, réseaux de chaleur, éclairage public et restauration collective. L'Atlas complet, qui couvre les villes et intercommunalités de plus de 50.000 habitants, est consultable en ligne sur atlas.fondation-igd.org.

Evaluation plus large 

Cette publication s'inscrit dans un mouvement plus large d'évaluation de la qualité des services publics locaux. Le gouvernement a ainsi engagé, début 2026, un bilan du programme Services Publics+ devant le Conseil national des services publics, avec l'annonce d'un futur outil national de cartographie des implantations. 
Sur le plan financier, la Cour des comptes a de son côté alerté, dans un rapport publié en avril (notre article du 14 avril 2026), sur le manque de données consolidées relatives aux recettes tarifaires des délégataires, invitant les collectivités à mieux objectiver leurs choix de mode de gestion.

(1) Fondé en 1996 dans la foulée des lois Quilès et Sapin, l'IGD réunit collectivités, entreprises délégataires, banques et experts au sein de deux commissions permanentes — juridique et économique et financière — pour éclairer les choix de gestion des collectivités. Présidé depuis 2012 par Hubert du Mesnil, ancien dirigeant d'Aéroports de Paris puis de Réseau ferré de France, l'institut défend une gestion déléguée "efficace, compétitive et durable", qu'il souhaite mettre au service de la transition écologique via 30 propositions formulées pour accélérer la décarbonation des territoires d'ici 2030.

 

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