Baisse de 17% des projets d'investissements étrangers en France
Le trio de tête des régions qui attirent le plus d'investissements étrangers reste inchangé (Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Grand Est) mais le nombre global de projets chute fortement en 2025 par rapport à 2024. C'est ce qu'indique le baromètre EY de l'attractivité de la France 2026, publié le 21 mai 2026.
© EY | Baromètre EY de l’Attractivité de la France 2026 et Adobe stock
Si la France reste la première destination d'Europe en matière d'investissements étrangers, le nombre de projets y recule de 17% en 2025 par rapport à 2024. Et le recul est plus marqué que chez ses principaux concurrents. Le baromètre EY de l'attractivité de la France 2026, publié le 21 mai 2026, fait ainsi état de 825 projets pour 2025, plaçant la France devant le Royaume-Uni (730) et l'Allemagne (548), avec 28.000 emplois générés par ces investissements, en baisse de 4% par rapport à 2024. Une réduction en termes d'emplois cela dit limitée car très inférieure à la moyenne européenne (-25%).
La baisse de 17% des projets s'explique par le contexte mondial "chaotique", indique EY, avec les incertitudes commerciales et le ralentissement économique. En France, ce sont surtout les secteurs industriels historiques comme l'automobile, la chimie, la plasturgie ou la métallurgie qui sont en baisse.
EY signale aussi une réduction du nombre d'usines implantées ou agrandies (-15%) et des centres de R&D (-47%), du fait de la prudence des dirigeants et des difficultés sectorielles. A noter : entre 2022 et 2025, la chute du nombre de projets atteint -32%, passant de 1.259 à 852, ce qui fait s'interroger EY sur la capacité de la France et de l'Europe à faire face à la concurrence américaine et chinoise.
Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, le trio de tête
Les territoires subissent évidemment cette baisse, mais de manière hétérogène. Si l'Ile-de-France conserve la première place du classement régional (233 projets d'investissements directs étrangers, en baisse de 10%, générant près de 5.500 emplois), "sa principale poursuivante au classement, l'Auvergne-Rhône-Alpes, ne compte que 137 projets, en baisse de 6%, mais affiche un niveau de création d'emplois presque équivalent, avec environ 5.300 postes", souligne le baromètre. Ces emplois ont principalement été créés dans la logistique (60%). Et si certains secteurs historiques comme la chimie marquent le pas, la région confirme ses positions dans les équipements industriels, l'électronique, et l'industrie pharmaceutique. Une dynamique régionale qui s'appuie largement sur la métropole de Lyon, la plus attractive des grandes métropoles. Sa recette : diversifier son tissu économique (logiciels et services IT, automobile, électronique, énergie, etc.).
En Ile-de-France, le recul touche l'ensemble des activités, mais plus spécifiquement la R&D. La région s'affirme toutefois comme un pôle d'attraction pour les investissements en intelligence artificielle : elle concentre à elle seule près des deux tiers des IDE dans l'IA en France.
Dans le Grand Est, le nombre de projets portés par des entreprises étrangères recule également mais de façon plus mesurée, maintenant la région au troisième rang national. "Si les projets manufacturiers se stabilisent par rapport à 2024, l'absence de mégaprojets, à l'image de la gigafactory photovoltaïque de Sarreguemines annoncée en 2023 (1.700 emplois), pèse mécaniquement sur les créations de postes", indique le baromètre. La région se félicite de cette 3e place. "Le Grand Est attire parce qu'il pèse : par sa position stratégique au centre de l'Europe, par la qualité de ses infrastructures, par son tissu industriel et par sa capacité à accompagner les investisseurs internationaux dans les grandes transitions économiques et technologiques", affirme-t-elle dans un communiqué.
Plus de dynamique batteries électriques pour les Hauts-de-France
En Centre-Val-de-Loire, le nombre d'IDE recule nettement mais l'emploi progresse fortement : près de 2.000 postes sont annoncés, principalement dans la logistique. La moitié est due à l'ouverture d'une nouvelle plateforme Amazon à Illiers-Combray (1.000 emplois).
En Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui accuse une baisse de plus de 10% des projets, ce sont surtout les investissements dans la recherche et le développement qui ont chuté. Cette baisse est en partie compensée par l'accueil de nombreux projets de centres de services et de centres technologiques, notamment dans l'intelligence artificielle (hub de l'entreprise Kyndryl à Sophia-Antipolis). "Par ailleurs, la région a fait preuve de résilience dans l'industrie et a bénéficié de la dynamique nationale autour des data centers, en captant plusieurs de ces investissements", signale le document.
Dans les Hauts-de-France, le recul dépasse les 30% et s'explique par la chute des IDE industriels. "Après avoir attiré d'importants projets dans les batteries électriques en 2022 et 2023, la région ne bénéficie plus de cette dynamique", constate le baromètre.
Plus bas dans le baromètre régional, la Bretagne voit la baisse des IDE s'établir autour de 50%. La région est particulièrement pénalisée par l'absence quasi-totale de nouveaux investissements dans les activités servicielles cette année.