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Transport fluvial - Canal Seine-Nord Europe : le dossier remis à la Commission européenne pour le financement

Des responsables gouvernementaux des transports de France, Wallonie et Flandre se sont réunis jeudi à Lens (Pas-de-Calais) pour acter la remise du dossier de financement du canal Seine-Nord Europe à la Commission européenne.
"L'engagement européen de financer jusqu'à 40% du projet du corridor Seine-Escaut est une chance à saisir", a déclaré Alain Vidalies, secrétaire d'Etat chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, lors d'une conférence de presse organisée au Louvre-Lens en présence de représentants de la Commission.
Les régions belges de Wallonie et de Flandre étaient respectivement représentées par Maxime Prévot, vice-président et ministre wallon des Travaux publics, et Léo Clinckers, délégué par le ministre flamand des Travaux publics Ben Weyts.
"Le corridor Seine-Escaut assurera avec efficacité une liaison économique et à grand gabarit entre les bassins de l'Escaut, de la Seine et du nord de la France", a rappelé M. Vidalies, qui attend une réponse "en juin" de Bruxelles sur cette demande de financement.
Le coût du canal dans sa partie française est estimé à 4,7 milliards d'euros mais "l'enveloppe de l'ensemble est de 5,5 milliards d'euros", a précisé le ministre français, en comptant tous les "travaux annexes".
Ainsi, l'Union européenne apporterait 40% du budget, les collectivités locales et l'Etat 22% tandis que les 16% seraient financés par un emprunt, a-t-on appris de même source.
Le projet inclut non seulement la réalisation du canal Seine-Nord Europe, mais également les opérations d'accompagnement en amont et en aval du canal sur la Seine, l'Oise et dans le Nord/Pas-de-Calais.
L'objectif fixé est de débuter les travaux en 2017 pour une mise en service en 2023, avec de 12.000 à 14.000 emplois directs et indirects à la clef pour la construction de l'ouvrage.
Le secrétaire d'Etat a également rappelé l'enjeu économique et écologique de l'ouvrage, alors que le trafic autoroutier dans la région augmente.
"Ce projet constitue aussi une réponse essentielle à l'enjeu du développement durable pour les territoires traversés et contribuera à la politique de lutte contre le changement climatique porté par l'Europe", a assuré M. Vidalies, bien que les élus d'EELV aient manifesté depuis le début leur opposition à un projet qu'ils jugent inutile.
L'ouvrage doit permettre de relier à terme la Seine à l'Escaut, qui traverse Valenciennes, Gand et Anvers, par un canal à grand gabarit, d'où la dimension transfrontalière du projet, même si le coeur du chantier concerne 106 km entre l'Oise et le Nord.