Centres médico-psychopédagogiques : + 30% d'enfants et adolescents sur liste d'attente entre 2017 et 2024
Près de 500 centres médico-psychopédagogiques (CMPP) ont accueilli 142.000 enfants et adolescents en difficulté au cours de l'année 2024, selon la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA). Plus d'un tiers des enfants accompagnés ont un dossier ouvert à la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), une proportion en forte hausse.
© CNSA et DR
En 2024, les centres médico-psychopédagogiques (CMPP) ont accueilli près de 142.000 enfants et adolescents (de 0 à 20 ans) "rencontrant des difficultés psychologiques, éducatives ou scolaires", selon la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) qui a récemment publié, dans le cadre de sa mission de collecte de données, des "repères statistiques" sur ces structures.
Des prises en charge plus chronophages, des délais d'attente qui s'allongent
"Lieux d’écoute, de prévention et de soins" financés par l'assurance maladie, les 482 CMPP actifs en France "offrent des services d’évaluation et de diagnostic, de suivi et de prise en charge globale en ambulatoire" et s'appuient pour cela sur "une équipe pluridisciplinaire composée de médecins, psychologues, orthophonistes, psychomotriciens et éducateurs spécialisés". La file active, nombre total d'enfants et adolescents accompagnés au cours de l'année, a baissé de 14% en sept ans, ce qui s'explique notamment par un allongement des durées de suivi. "21% des enfants sortis en 2024 (près de 9.000) ont été suivis entre trois et cinq ans", et 13% (5.630) pendant plus de six ans, contre respectivement 18% (8.900) et 10% (5.100) en 2017", est-il indiqué. Les suivis sont également plus souvent intensifs, "la proportion d’enfants et d’adolescents avec trois rendez-vous par semaine ou plus [ayant] presque doublé" (passant de près de 5% à près de 10% en sept ans).
Cette évolution coïncide avec une hausse du délai d'attente : près de 33.800 enfants et adolescents étaient sur liste d'attente fin 2024, soit 30% de plus qu'en 2017. Dans certains départements qui ne comptent qu'un seul CMPP, tels que l’Allier et les Alpes-de-Haute-Provence, 90% des enfants attendent au moins six mois pour un premier rendez-vous. "Une fois le premier rendez-vous réalisé, le délai d’accès au bilan ou aux soins est variable : 42% des enfants et adolescents sont pris en charge en moins d’un mois, mais 40% doivent attendre entre un et six mois et 18% plus de six mois", indique encore la CNSA.
Une majorité de garçons
Au 31 décembre 2024, les 109.000 enfants pris en charge dans un CMPP ont en moyenne 10,4 ans et sont à 64% des garçons. La CNSA observe une forte hausse (+ 37% entre 2017 et 2024) de la part des jeunes accompagnés ayant un dossier ouvert à la MDPH (maison départementale des personnes handicapées). Ils étaient 28.700 au 31 décembre 2024, soit 26% des enfants en cours de suivi à cette date. En outre, 11.600 enfants et adolescents, soit 11% de l'ensemble, bénéficiaient d’une mesure de protection de l'enfance, un chiffre également en hausse (+ 11% par rapport à 2017).
Les enfants suivis pour lesquels il n'y a pas eu de diagnostic sont majoritaires (28%) et les diagnostics les plus fréquemment posés sont des troubles du développement (20%), troubles du comportement et "troubles émotionnels apparaissant habituellement durant l'enfance et l'adolescence" (16%), troubles névrotiques et "liés à des facteurs de stress" (12%) et "troubles envahissants du développement et troubles du spectre de l'autisme" (7%).
Accès aux CMPP : des disparités territoriales
La CNSA met l'accent sur des "disparités très fortes" entre CMPP en termes de nombre d'enfants accompagnés, du fait notamment de "tailles [d'équipes] variant fortement d’un centre à l’autre". La moyenne est ainsi de 400 enfants suivis au cours de l'année (premier contact, diagnostic ou soins), mais "la moitié des CMPP ont accompagné moins de 289 enfants, un quart, moins de 194, et un quart, plus de 490" en 2024.
Au niveau national, le taux de recours moyen aux CMPP est de neuf enfants pour 1.000, avec de grandes variations entre départements – des taux supérieurs à 37 enfants pour 1.000 dans la Nièvre, la Charente-Maritime et la Meuse, et à l'inverse des taux inférieurs à 5 pour 1.000 dans plusieurs départements dont la Saône-et-Loire, l’Isère et le Puy-de-Dôme. Ces données sont toutefois à prendre avec précaution puisqu'elles ne reflètent pas "l’ensemble de l’offre de soins ambulatoires destinés aux enfants et aux adolescents rencontrant des difficultés psychologiques, éducatives ou scolaires", selon la CNSA qui cite "les prises en charge par les professionnels libéraux". Et qui aurait pu citer également les centres d'action médicosociale précoce (Camsp) pour les plus jeunes (moins de six ans) et les centres médicopsychologiques (CMP) qui sont pour partie dédiés aux enfants et adolescents (0-16 ans).