Cet été, chaleur et incendies ont redessiné la carte de la France touristique
Le tourisme français a enregistré de bons taux d'occupation durant l'été 2026, malgré les épisodes de canicule et les incendies qui ont touché des destinations phares. Les visiteurs se sont notamment reportés sur des régions plus fraîches, dont la Normandie.
© Alliance tourisme et Adobe stock
Avec des vagues de chaleur importantes dès le mois de juin et des mégafeux de forêt en juillet et août en Gironde, dans les Landes et le Var, l'été 2026 a été marqué par des évènements climatiques extrêmes qui ont en partie redessiné la carte de France du tourisme. Si la saison a été globalement "bonne", selon le ministre du Tourisme, Serge Papin, certains territoires ont enregistré un nombre de visiteurs supérieur à la normale tandis que d'autres voyaient le nombre de leurs clients s'éroder.
La Gironde durement affectée
Principale victime de cette saison pas comme les autres : le département de la Gironde, qui à la suite des feux ayant ravagé 42.000 hectares a vu sa fréquentation touristique chuter d'environ 50% sur la période fin juillet-mi-août par rapport à la même période de 2025. Selon une enquête de la chambre de commerce et d'industrie de la Gironde, ce recul n'a pas touché que les zones principalement affectées au tourisme (littoral, campings, clubs de vacances, etc.) mais aussi le centre-ville de Bordeaux, où le thermomètre est monté jusqu'à 42 degrés, qui a perdu 1,4 million de visiteurs sur les mois de juin et juillet (-8,4% sur un an). Une large majorité des entreprises de l'hôtellerie et de la restauration girondines ont été touchées par la baisse de la fréquentation qui pourrait se prolonger dans l'arrière-saison puisque des annulations ont été enregistrées pour la période de septembre-octobre. Sur l'ensemble de l'été, la Gironde voit finalement son taux d'occupation fondre de 10% selon Alliance France tourisme.
Non loin de là, dans les Landes, où la commune de Biscarosse a également été victime d'un important incendie fin juillet, les taux d'occupation ont pu baisser jusqu'à 30 à 40% dans les sites les plus touchés au pire de la crise avant de remonter à 60% début août. Toutefois, les destinations aquitaines enregistrent dans leur ensemble une hausse de 1,8% de taux d'occupation. La région Provence-Alpes-Côte d'Azur a connu en cet été 2026 une trajectoire similaire, avec une hausse de 1,7% de son taux d'occupation, même si, fin juillet, les incendies dans le Var ont temporairement fait baisser le nombre de visiteurs. Sur la côte d'Azur, le taux d'occupation dépassait les 90% en plein été.
Les "coolcation" ont la cote
À l'inverse des régions touchées par les épisodes de canicule ou les incendies, des destinations plus fraîches, ou "coolcations", selon l'expression de Jean-Luc Boch, président de l'ANMSM (Association nationale des maires de stations de montagne), ont vu leur fréquentation grimper. C'est particulièrement le cas de la Manche, que Serge Papin a qualifié cet été de destination "saturée". Plus largement, le littoral du Havre à la côte d'Opale affiche la plus forte progression des littoraux français : +4,5% d'occupation sur un an et près de +10% en deux ans. "La hausse s'accélère à partir de la mi-juillet, ajoute Alliance France tourisme, et bénéficie particulièrement aux destinations accessibles et tempérées, et se prolonge en août au-delà de 90% d'occupation ; elle irrigue l'arrière-pays, la Normandie entière gagnant 2,6 points sur le mois."
Les autres grands bénéficiaires de l'été 2026 sont la Bretagne, avec un taux d'occupation supérieur à 90% au cœur de l'été et une progression de +1,6% en août par rapport à 2025, mais aussi la montagne. Selon l'ANMSM, les taux d'occupation s'élèvent à 63,3% pour juillet (+3,6% sur un an) et à 72% en août (+1,1%). Les Pyrénées ont particulièrement bénéficié de cette dynamique avec un taux d'occupation de 69,8% (+4%). On note encore la belle hausse du taux d'occupation en Centre-Val de Loire (+1,6%). Dans cette nouvelle géographie du tourisme, Alliance France tourisme souligne toutefois que "Paris confirme son rôle de locomotive", avec 90% de taux d'occupation en juin et 84,6% en juillet (+1,5% sur un an).
Globalement, le bilan de la saison estivale 2026 s'annonce donc positif pour le tourisme français, avec des fréquentations qui, selon Serge Papin, devraient égaler voire dépasser celles de 2025, y compris au mois de septembre.