Tourisme en Gironde : Bercy prépare l'après-incendies
Le ministre délégué au Tourisme encourage la venue de vacanciers dans les zones non sinistrées de la Gironde, rappelle que le secteur bénéficiera d'un soutien notamment via le dispositif de l'activité partielle et prévoit des actions de communication. Les professionnels demandent des aides exceptionnelles.
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Alors que le gigantesque incendie qui ravage la Gironde depuis une semaine était stabilisé ce mardi 28 juillet et qu'environ 4.000 touristes supplémentaires venaient d'être évacués préventivement de Lacanau, Serge Papin, ministre délégué au Tourisme, planche déjà sur la relance du tourisme dans un département où ce secteur représente 3,8 milliards de retombées économiques et 58.000 emplois.
"Les zones touchées par le feu ou évacuées sont à éviter absolument, a confié le cabinet du ministre lors d'un point presse tenu ce 28 juillet. Mais à côté, des parties entières de la Gironde, l'un des plus grands départements de France, sont préservées et pleinement visitables et praticables pour le tourisme." Ces zones préservées sont notamment la métropole bordelaise, le littoral médocain ou le vignoble du Libournais. "La situation est évolutive, a poursuivi le cabinet, mais notre message aujourd'hui est de ne pas annuler les réservations pour la Gironde dans les territoires qui ne sont absolument pas touchés par les incendies. Il ne faut pas que la situation dans les zones sinistrées ait un effet ricochet dans les zones non touchées." Atout France a de son côté annoncé une prochaine action de communication "pour relancer la confiance" en collaboration avec les offices de tourisme.
Par ailleurs, à l'heure où aucun bilan chiffré de l'impact économique des incendies n'est encore disponible, Bercy a précisé que les entreprises, touristiques ou non, situées en zone sinistrée bénéficieront d'"une forme d'automaticité de l'activité partielle". Celles situées hors zone sinistrée, mais dont les salariés sont impactés, pourront faire une demande d'activité partielle. Enfin, hors zone sinistrée, les entreprises subissant une baisse d'activité notoire seront éligibles à l'activité partielle à condition de démontrer cette baisse d'activité. Pour les travailleurs saisonniers, deux cas de figure se présentent : les saisonniers dont le contrat a commencé au moment de la survenue des incendies sont éligibles à l'activité partielle, au contraire de ceux dont le contrat n'a pas encore débuté. Pour ces derniers, Bercy réfléchit actuellement à une solution.
› Les demandes d'activité partielle traitées en urgenceLe gouvernement a annoncé avoir donné instruction de "traiter en urgence les demandes d'activité partielle" afin de "favoriser" la poursuite d'activité dans le Sud-Ouest et la Provence affectés par des incendies, avant une réunion jeudi à Bercy avec les entreprises. "Le ministre a donné instruction de traiter en urgence les demandes d'activité partielle des entreprises affectées par les incendies pour préserver les emplois et favoriser la poursuite de l'activité", écrit dans un communiqué le ministère du Travail ce mardi 28 juillet après-midi. Bercy estime à environ 130.000 le nombre de salariés qui ne peuvent pas travailler du fait des incendies. Les entreprises directement sinistrées ou dans une zone évacuée, celles qui ne peuvent poursuivre leur activité en raison des conséquences des incendies, celles dont les activités exposent leurs salariés à un risque pour leur santé et leur sécurité, sont éligibles à ce dispositif, précise le ministère. Lequel préconise en outre, "lorsque cela est possible, de recourir au télétravail et de limiter les déplacements et les activités physiques en extérieur" et recommande "en cas d'activité physique extérieure prolongée, le port du masque FFP2". "Le réseau des Urssaf met en oeuvre des mesures de soutien en trésorerie (...) sous la forme d'un échéancier pouvant aller jusqu'à douze mois des cotisations sociales patronales", détaille encore le ministère de Jean-Pierre Farandou. Concernant les indépendants, un plan d'urgence a également été mis en place par le Conseil de la protection sociale des travailleurs (CPSTI) sous la forme d'une aide financière exceptionnelle. Sébastien Martin, le ministre délégué à l'Industrie, avait rappelé mardi matin la mise en place par la chambre de commerce de Gironde et par l'Urssaf d'un numéro unique pour les entreprises. Il a indiqué mardi matin que le gouvernement convoquerait une réunion jeudi à Bercy pour apporter "des réponses plus précises" aux "préoccupations" des entreprises concernées. De leur côté, plusieurs organisations représentant des petites entreprises, indépendants et professionnels du tourisme ont demandé mardi des aides exceptionnelles de l'État. Le Syndicat des indépendants (SDI) et l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) appellent notamment les compagnies d'assurance à indemniser les "pertes d'exploitation" subies par les professionnels des zones touchées. Selon la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) locale, environ 14.500 entreprises girondines sont paralysées, sur quelque 178.000 entreprises dans le département selon l'Insee. Jugeant les entreprises du tourisme "affaiblies", le président de l'organisation patronale U2P, Michel Picon, a de son côté plaidé mardi sur la chaîne BFM Business pour la création d'"un fonds de soutien financier". Dans un communiqué publié à la suite d'un entretien avec le ministre du Commerce Serge Papin, le président de l'Umih, Thierry Marx, a également exhorté les touristes à ne pas annuler systématiquement leurs séjours. AFP |