Cinéma : dépenses en baisse pour les conventions État-CNC-régions
Le bilan 2025 des conventions État-Centre national du cinéma-régions fait état d'une baisse des dépenses d'environ 12 millions d'euros. Le recul de l'engagement des collectivités – qui financent 70% de ces conventions – explique une grande partie ce résultat.
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Les dépenses des conventions État-CNC (Centre national du cinéma)-régions ont reculé de près de 6% l'an passé, selon le dernier bilan du CNC. Les dix-huit conventions tripartites engagées en 2025 ont conduit à une dépense totale de 194,3 millions d'euros, contre 206,2 millions en 2024 (-5,8%), pour seulement dix-sept conventions.
Dans ce total, la part du CNC s'établit à 45,1 millions (contre 43 millions en 2024, soit une hausse de +5%), celle de l'État – par l'intermédiaire des Drac (directions régionales des affaires culturelles) – à 13,3 millions (contre 15,1 millions en 2024, soit -12%) et celle des collectivités à 135,8 millions (contre 148,2 en 2024, soit -9%). Une évolution que le CNC explique par "le contexte de baisses budgétaires en Drac et au sein des collectivités". Ces dernières demeurent toutefois largement majoritaires dans le financement des conventions, avec une participation représentant 70% du total.
Cette part prépondérante des collectivités s'explique par les mécanismes conventionnels qui veulent que, selon les dispositifs, l'apport du CNC soit forfaitaire ou basé sur des règles du "un euro du CNC pour deux euros de la collectivité", "un pour trois" ou "un pour un". En toute hypothèse, le CNC limite son intervention financière à 2 millions d'euros par an et par convention pour les soutiens à la production audiovisuelle et à la production de longs métrages, quel que soit l'apport de la collectivité.
27 millions pour la production de longs métrages
Dans cet ensemble, la participation des collectivités a varié en 2025 selon les priorités fixées par les conventions. Elles ont ainsi financé 76% de l'axe I (soutien à la création), soit 73 millions d'euros sur un total de 96 millions, dont 27 millions pour la production de longs métrages – contre 7,5 millions du CNC (lequel a financé le cinéma à hauteur de 315 millions en 2025 à travers l'ensemble de ses dispositifs) – et 21 millions pour le soutien direct à la production audiovisuelle. Sur l'axe II (structuration des filières locales et formation professionnelle), les collectivités ont apporté 18 millions d'euros (72% du total), contre 5 millions du CNC et 3 millions des Drac.
Le soutien aux salles de cinéma et à la diffusion dans les territoires (axe III) a pour sa part reposé sur les collectivités à hauteur de 68% (34 millions d'euros) contre 27% pour le CNC (13 millions) et 5% pour les Drac. Ici, les postes de dépenses les plus importants des collectivités sont le soutien aux festivals (15 millions d'euros) et le soutien direct à la création et à la modernisation des salles (9 millions).
Éducation à l'image : les Drac aux côtés des collectivités
Si l'axe IV (éducation à l'image) est d'abord porté par les collectivités, leur part ne représente que 48% – pour 8 millions d'euros, dont 3,7 millions pour le dispositif "Ma classe au cinéma" et 1,8 million pour les pôles régionaux d'éducation aux images. Dans cet axe, les Drac apportent 44% des aides, notamment à travers le cofinancement de "Ma classe au cinéma" (2,4 millions) et le financement des enseignements de spécialité cinéma-audiovisuel au lycée (1,9 million). Enfin, le financement du patrimoine cinématographique en région est réparti entre le CNC (2,8 millions) et les collectivités (3 millions).
Outre les régions, les conventions tripartites ont concerné en 2025 onze départements (Alpes-Maritimes, Charente, Charente-Maritime, Dordogne, Drôme, Gironde, Haute-Savoie, Landes, Lot-et-Garonne, Seine-Saint-Denis et Vaucluse), six intercommunalités (eurométropole de Strasbourg, agglomération de Valence-Romans, Toulouse métropole, Montpellier Méditerranée métropole, Bordeaux métropole, Métropole Aix-Marseille-Provence) et une commune (Paris).