Covoiturage, vélopartage, autopartage : jusqu’à 7 AOM sur 10 déploient des services de mobilité partagée
Le Gart vient de dresser, pour la première fois, un état des lieux national du déploiement des mobilités partagées par les autorités organisatrices de la mobilité (AOM). Sur les 171 AOM locales ayant répondu à son enquête, 71% déclarent disposer d'au moins un service de covoiturage sur leur territoire, 68% d'un service de vélos partagés et 42% d'un service d'autopartage.
© Adobe stock
Covoiturage du matin, vélo en libre-service pour rejoindre la gare, voiture partagée le temps d’un week-end …, ces pratiques sont de plus en plus installées dans le quotidien des habitants. Au regard de leur essor, le Gart a souhaité mieux comprendre la manière dont les collectivités s’en saisissent, les modèles qu’elles privilégient et les conditions de leur déploiement en lançant une enquête auprès d'autorités organisatrices de la mobilité (AOM) locales. Sur 400 questionnaires envoyés, 171 ont été renvoyés complétés.
Selon les résultats publiés ce 3 novembre, le covoiturage et le vélopartage apparaissent aujourd'hui comme les formes de mobilités partagées les plus largement diffusées au sein des territoires interrogés. 71% des répondants proposent un service de covoiturage et 68% une offre de vélopartage. L’autopartage reste moins répandu, avec 42% des territoires représentés dans l’enquête. Les usages les plus importants sont toutefois observés dans les territoires les plus denses, où ce service trouve aujourd’hui son principal terrain de développement.
Marges de progression
Les services de mobilités partagées répondent d’abord aux besoins de déplacements du quotidien. Actifs et étudiants sont ainsi les premiers concernés, notamment par le covoiturage et le vélopartage, largement utilisés pour les trajets domicile-travail et domicile-études. Pour rejoindre une gare ou parcourir le premier ou le dernier kilomètre, les mobilités partagées viennent ainsi élargir les possibilités offertes aux voyageurs.
"Si la diffusion de ces services progresse, les résultats font notamment apparaître des marges de progression en matière d’intermodalité", relève le Gart. L’intégration des mobilités partagées, en particulier dans les services numériques multimodaux et dans les dispositifs de tarification combinée avec les transports collectifs, reste encore limitée, note-t-il. "L’enjeu consiste désormais à permettre au voyageur d’envisager son déplacement dans sa globalité, plutôt que comme une succession de services", en déduit-il.
Un modèle économique reposant encore sur les subventions des collectivités
L'enquête pose également la question du modèle économique, qui repose encore largement sur l’engagement des collectivités territoriales. C'est notamment le cas pour le covoiturage avec 57% des territoires répondants indiquant bénéficier d'une subvention de leur propre collectivité.
Pour le Gart, cette première photographie nationale, met en lumière un changement d’échelle. "Covoiturage, vélopartage et autopartage ne constituent plus seulement des solutions complémentaires. Progressivement, ces solutions de déplacement prennent leur place dans les politiques locales de mobilité", estime-t-il. "Leur développement doit désormais s’accompagner d’une meilleure articulation avec les transports collectifs, souligne-t-il. (…) L’enjeu est désormais de passer d’une logique de déploiement des mobilités partagées à leur pleine intégration dans la chaîne des mobilités."