Jean-Noël Escudié / P2C pour Localtis

Culture : plus d'une collectivité sur deux a augmenté ses dépenses l'an dernier

Tourisme, culture, loisirs

Finances et fiscalité

Cette orientation à la hausse des budgets culturels est révélée par l'Observatoire des politiques culturelles. Lequel avait fait état, il y a deux ans, d'un recul sensible de ces mêmes budgets. La nature des dépenses varie évidemment en fonction du niveau de collectivité concerné.

Il y a deux ans, l'Observatoire des politiques culturelles (OPC) publiait - avec le concours du département des études, de la prospective et des statistiques (Deps) du ministère de la Culture - une note de conjoncture alarmante montrant un recul prononcé des dépenses culturelles des collectivités territoriales sur la période 2015-2017 : -4% pour les régions, -5% pour les départements et -7% pour les grandes villes (voir notre article ci-dessous du 2 mars 2017). Deux ans plus tard, l'Observatoire se livre au même exercice, portant cette fois-ci sur les dépenses de la période 2017-2019. Mais les conclusions de sa note de conjoncture sont nettement moins pessimistes.

56% de budgets culturels orientés à la hausse, contre 30% en 2016

L'étude porte sur un échantillon de 9 régions, 48 départements, 7 métropoles et 14 communes de plus de 100.000 habitants. Cette année, l'OPC y adjoint un échantillon de 62 communes et EPCI de moins de 100.000 habitants. Les résultats de l'étude montrent "une hausse de l'effort culturel pour un nombre plus grand de collectivités et EPCI que lors de l'exercice précédent". Toutes catégories confondues, 56% des répondants déclarent ainsi augmenter leurs engagements en fonctionnement en matière de dépenses culturelles, contre 30% en 2016 et 46% en 2017. En 2018, seuls un tiers des répondants indiquent réduire leurs moyens en faveur de la culture, tandis que 11% affichent une stabilité.

Les budgets d'investissements culturels sont également davantage orientés à la hausse. L'Observatoire relève que "lorsqu'il y a augmentation de dépenses culturelles en investissement, il s'agit majoritairement de hausses conséquentes (supérieures à 10%)", même si les évolutions en ce domaine doivent être interprétées avec prudence.

Régions, départements, métropoles et grandes villes

Du côté des neuf régions de l'échantillon, l'évolution des dépenses culturelles de fonctionnement se situe en 2018 entre -5% et +10% (six régions étant orientées à la hausse). En termes d'évolution, les dépenses des régions se révèlent plus favorables au patrimoine culturel, aux musées, aux festivals et événements et au spectacle vivant. En termes de nature des dépenses, l'effort va plutôt au soutien aux associations et organismes culturels.

Du côté des départements, "la disparité des politiques culturelles [...] reste d'actualité en 2018, avec une légère amélioration de leur effort par rapport à 2017 et surtout par rapport à 2016". La fourchette d'évolution se situe globalement entre -13% et +13% et 51% des départements augmentent leur budget culturel quand 40% le réduisent. L'effort des départements porte en priorité sur l'éducation artistique et culturelle.

Les métropoles, qui jouent un rôle croissant dans le financement de la culture, augmentent leurs dépenses en la matière (5 sur 7) ou ne les réduisent que faiblement (2 sur 7). La hausse est particulièrement marquée en matière d'investissement culturel, avec cinq métropoles qui augmentent leurs dépenses entre +22% et +106%.

La tendance à la hausse est très marquée aussi au sein des villes de plus de 100.000 habitants, puisque 71% des villes de l'échantillon ont augmenté leurs dépenses culturelles en 2018, contre 21% qui les ont baissées. La fourchette d'évolution va de -7% à +18%.

Pour l'année 2019, l'OPC fait état de "la tendance qui se dégage des projections envisagées par les collectivités territoriales et leurs groupements". Globalement, la moitié des répondants prévoient une stabilité de leur budget culturel. L'autre moitié se répartit, à parts quasi égales, entre la baisse (18%), la hausse (16%) et l'incapacité à se projeter à l'heure actuelle (16%), l'incertitude étant toutefois plus prononcée pour les départements (27%).

Haut de page