Dans la ruralité, les écoles hors contrat poursuivent leur lente croissance
L'association Créer son école fait état à la rentrée scolaire 2026 d'une nouvelle hausse du nombre d'établissements scolaires hors contrat, mais dans des proportions moindres qu'il y a un an. Les territoires ruraux sont ceux qui enregistrent le plus de nouvelles écoles hors contrat.
© Créer son école et Adobe stock
Les écoles hors contrat continuent de se développer en France, en particulier à la campagne, mais à un rythme moins soutenu que ces dernières années, selon l'association Créer son école, qui a publié ses chiffres début septembre 2026. On compte ainsi 85 ouvertures d'écoles hors contrat en cette rentrée 2026, contre 115 à la rentrée 2025.
Le hors contrat continue donc d'élargir sa place dans le paysage éducatif français. Avec 1.873 établissements du premier degré, il représente désormais 4% du total des établissements de ce niveau, et il grimpe à 6,5% dans le secondaire avec 792 établissements (500 collèges, 224 lycées généraux et technologiques et 68 lycées professionnels et écoles de production). Au total, Créer son école dénombre 2.665 établissements hors contrat à la rentrée 2026.
Doublement du primaire hors contrat en dix ans
On note néanmoins que les statistiques du ministère de l'Éducation nationale diffèrent. En effet, ce dernier comptabilise une seule école primaire là où l'association en dénombre deux (école maternelle et école élémentaire), et ne recense plus les lycées hors contrat depuis 2022. Avec sa méthode propre, le ministère dénombrait 1.535 établissements hors contrat à la rentrée 2025. Mais le plus intéressant dans les chiffres de l'Éducation nationale est l'évolution marquée du hors contrat dans le temps : depuis 2015, le nombre d'écoles primaires sous ce statut a plus que doublé (+120%).
En termes d'effectifs, Créer son école dénombre environ 140.000 élèves dans le privé hors contrat de la maternelle au lycée. L'association ajoute que "c'est aussi l'effectif donné traditionnellement par l'Éducation nationale elle-même", avant de nuancer : les derniers chiffres du ministère annoncent 84.600 élèves dans le privé hors contrat, une différence qui "provient notamment de l'omission dans le calcul des lycées et de l'enseignement professionnel, sous prétexte qu'ils sont en grande partie en alternance", pointe Créer son école.
La ruralité, terre de conquête
Autre aspect intéressant des derniers chiffres de Créer son école : l'implantation géographique des écoles. On apprend qu'en 2025-2026,
- 54% des établissements hors contrat étaient implantés dans une commune de plus de 20.000 habitants,
- 19% dans une commune comptant 5.000 à 20.000 habitants
- et 27% dans des communes rurales de moins de 5.000 habitants.
Traditionnellement surreprésentée dans les campagnes, l'école hors contrat s'y développe plus vite qu'ailleurs : les créations d'écoles rurales représentent en 2026 neuf points de plus que l'an dernier, pointe Créer son école. Selon l'association, "ce phénomène est très significatif quand on sait que ce sont précisément ces communes qui sont les plus touchées par la fermeture d'écoles publiques et privées sous contrat, en raison de la baisse démographique". Elle rappelle d'ailleurs les chiffres du syndicat FSU-SNUipp qui, en mai 2026, recensait 3.742 suppressions annuelles nettes de classes dans l'enseignement public, et 878 postes budgétaires en moins dans l'Enseignement catholique sous contrat, soit à peu près autant de classes fermées.
L'attitude des maires ruraux
Malgré cette poussée, Créer son école estime que leur ouverture "se heurte à la peur des maires ruraux de déstabiliser leurs écoles existantes". L'association observe alors que "l'attitude des maires se scinde en deux". Certains "conservateurs et attentistes", s'opposent à toute création d'école alternative "tant qu'il leur reste l'espoir de garder ne serait-ce qu'une classe d'école subventionnée". D'autres, "partant du fait qu'ils vont perdre leur école à court ou moyen terme [...] font le choix de faciliter l'implantation d'une école alternative au cœur de la ruralité pour donner aux jeunes familles la possibilité de vivre à la campagne".
En outre, lors de l'année scolaire 2025-2026,
- 70% des écoles hors contrat avaient un statut associatif
- et 30% un statut commercial.
Concernant les méthodes,
- 50% appliquaient une méthode "classique",
- 29% une la méthode "Montessori",
- 17% une méthode "alternative".
Sur l'aspect religieux, toujours pour la période 2025-2026, ces écoles hors contrat étaient :
- aconfessionnelles à 72%,
- catholiques à 17%,
- protestantes à 4%,
- musulmanes à 4%
- et juives à 3%.
Enfin, selon les données publiées par l'État, on dénombre à la rentrée 44 fermetures d'écoles hors contrat, un chiffre identique à l'année précédente.