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Dans le sport, un déconfinement tous azimuts

De la pratique individuelle aux activités périscolaires, en passant par le soutien aux clubs et la réouverture des équipements, le déconfinement dans le sport passe par des actions très variées. La ministre Roxana Maracineanu a dressé les grandes lignes de son action en la matière dans les semaines à venir.

Quel déconfinement pour le sport ? La ministre des Sports, Roxana Maracineanu a précisé le 30 avril, lors d'une audition par la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale, qui a elle-même complété un communiqué daté du même jour, les conditions d'exercice des activités sportives à partir du 11 mai.
En la matière, il convient de distinguer plusieurs types d'activités. Le cas le plus simple et le plus répandu est celui d'une pratique individuelle – ou d'un rassemblement de dix personnes au maximum – en plein air dans les espaces ouverts autorisés : elle sera possible à partir du 11 mai, sans limitation de durée et sans attestation, à condition de respecter les règles de distanciation physique et une limite de distance du domicile inférieure à cent kilomètres. Un bémol toutefois : l'activité sportive pourra être restreinte en fonction de la situation sanitaire de chaque territoire (zone rouge ou verte). Le ministère des Sports précise encore qu'aucun vestiaire ne pourra être mis à disposition pour des activités de plein air.
D'un point de vue pratique, une distance de dix mètres au minimum devra être respectée entre deux personnes pour le vélo et la course à pied, et une surface de quatre mètres carrés par personne pour toute pratique statique. Des spécifications complémentaires en fonction des activités seront fournies prochainement par le ministère. En conséquence, les activités sportives qui ne permettent pas cette distanciation (sports collectifs, sport de combat) ne pourront pas reprendre dans l’immédiat. Là encore, le ministère est en train d'élaborer une liste exhaustive des disciplines concernées par cette interdiction provisoire.

Pas de certitude pour le Tour de France

Le sport professionnel et de haut niveau ne fait pas exception à ces règles. Ainsi la reprise d'une activité à haute intensité à partir du 11 mai sera possible pour les sportifs concernés, mais exclusivement de façon individuelle et dans le respect strict des règles de distanciation. Ici encore, l’interdiction de pratiquer des sports collectifs ou de contact prévaut.
Ces restrictions entraînent plusieurs conséquences. Tout d'abord, la saison 2019-2020 des sports collectifs professionnels ne pourra pas se terminer. Et, à ce stade, le ministère des Sports précise qu’aucune compétition sportive ne pourra avoir lieu avant le mois d’août, y compris à huis clos. En outre, les manifestations sportives rassemblant plus 5.000 personnes sur un même lieu ne pourront se tenir avant le mois de septembre. Devant les députés, la ministre a précisé que l'organisation du Tour de France cycliste, dont le départ a été repoussé au 29 août, "sortait du cadre" prévu et qu'"il était trop tôt pour se prononcer" sur son maintien.

Aides : faire feu de tout bois

Au chapitre du sport professionnel toujours, le ministère des Sports a fait savoir que des mesures de soutien seront étudiées pour lui permettre "de surmonter cette période difficile". Roxana Maracineanu a évoqué les "conséquences désastreuses [de la crise] pour la viabilité" de certains acteurs du sport, avançant un montant de pertes pour le secteur de "vingt milliards d'euros", un montant "sous-estimé", a-t-elle encore affirmé. Parmi les intervenants, le député de la Loire Régis Juanico a évoqué une étude indiquant qu'en moyenne, un club avait dû annuler l'organisation de dix évènements pour une perte de recette de plus de 7.000 euros.
Pour aider ces acteurs, sociétés commerciales ou associations, le ministère des Sports "envisage tous les dispositifs possibles". Pour les clubs ayant des salariés, le fonds de solidarité du gouvernement peut opérer. De son côté, l'Agence nationale du sport (ANS) maintient ses subventions sans condition, tandis que pour la plupart des associations sportives, le recours au fonds pour le développement de la vie associative (FDVA) est une piste envisageable. Un plan de relance global, en lien avec les collectivités, est à l'étude. Roxana Maracineanu a toutefois estimé que pour les clubs, "la trésorerie est là et permet de terminer la saison". À propos de financement du sport amateur toujours, trois questions ont porté sur la possibilité de déplafonner à titre exceptionnel les prélèvements sur les mises de la Française des jeux, principale source de recettes de l'ANS. Sur ce sujet, la ministre est restée muette.

Une occasion pour le sport et l'école

Au chapitre des équipements, "un travail étroit est déjà engagé avec les gestionnaires d’espaces de pratiques sportives, à titre principal les collectivités territoriales, afin de mettre en œuvre ce plan de reprise progressif du sport pour garantir son opérationnalité dans la réalité et la diversité de nos territoires", précise le ministère. Parallèlement, un travail a lieu avec le mouvement sportif afin d'adapter la pratique aux contraintes sanitaires de chaque discipline et de chaque territoire. Concernant la réouverture des équipements, la ministre a avancé l'idée de permettre d'abord le retour des sportifs de haut niveau de façon, notamment, à tester les mesures d'hygiène à mettre en place. Quant à la réouverture des Creps (centres de ressources, d'expertise et de performance sportive), elle devra faire l’objet d’une discussion avec l’ensemble des régions, avec pour objectif une réouverture début juin. Plus largement, Roxana Maracineanu a par ailleurs estimé que "les déclinaisons territoriales de l'Agence nationale du sport pourraient se faire plus vite que prévu" pour favoriser le plan de relance.
Enfin, le dernier chantier, commun avec le ministère de l'Éducation nationale, va porter sur le dispositif périscolaire 2S2C (sport, santé, culture, civisme). L'État apportera son soutien aux collectivités pour qu'elles sollicitent les associations sportives locales. Le but ? Encadrer de petits groupes de pratique sportive dans les espaces sportifs des collectivités. "C'est une occasion extraordinaire pour que l'école et le sport se donnent la main", a commenté la ministre.
Un nouveau point d’étape sera fait d’ici au 2 juin pour évaluer, notamment, les modalités de reprise des pratiques sportives en salles et des disciplines qui nécessitent un contact. Une circulaire ministérielle, une instruction aux préfets dans le champ du sport et un guide relatif à l’accueil du public dans les équipements sont en outre attendus.

 

 

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