Dépenses d'éducation : la France a flirté avec les 200 milliards d'euros en 2025
La France a atteint en 2025 un record de 199 milliards d'euros de dépenses d'éducation. L'État en prend plus de la moitié à sa charge et les collectivités un peu moins d'un quart. Chez ces dernières, les dépenses d'éducation marquent le pas, à l'exception de l'investissement des communes dans le bâti scolaire.
© DEPP et AR
La France n'a jamais dépensé autant pour l'éducation. Selon une note de la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) du ministère de l'Éducation nationale publiée le 29 septembre 2026, notre pays a consacré 199,2 milliards d'euros à son système éducatif en 2025, un record. Sur un an, la hausse est de 2,4 milliards d'euros (+1,2%), et sur le long terme, elle est considérable puisqu'en euros constants, cette dépense était de 91 milliards en 1980. En valeur relative, la Depp relève toutefois que le poids des dépenses d'éducation dans le produit intérieur brut (6,7%) reste stable par rapport à 2024.
Le poids des pensions de l'Éducation nationale
Le plus gros contributeur de l'éducation en France est sans conteste l'État, qui totalise 55% de la dépense. Mais ici, la Depp avertit : "Ce poids s'explique particulièrement par la prépondérance de la rémunération des enseignants. [Or] les dépenses de l'État en matière de personnel comprennent la totalité des charges sociales dues par l'employeur dont les versements au compte d'affectation spéciale 'pensions' des fonctionnaires conformément aux recommandations internationales." Autrement dit, une part importante de ce qu'on appelle "dépenses d'éducation" n'est pas affectée à l'éducation elle-même mais aux retraites de l'Éducation nationale. En 2025, "sur les 87 milliards d'euros votés pour le budget de l'Éducation nationale, 24 milliards ont servi à payer des retraites, ne laissant que 63 milliards pour les dépenses d'éducation proprement dites", selon la députée Nathalie Coggia. Ceci posé, les dépenses d'éducation de l'État sont en légère hausse en 2025 (+0,4% en euros constants).
De leur côté, les collectivités territoriales totalisent 23% de la dépense intérieure d'éducation et en sont le deuxième financeur. Les communes financent 57% de ce sous-ensemble, dont la rémunération des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem). Les départements en financent 16% et les régions 27%, du fait de leurs compétences élargies (orientation, transport, enseignement supérieur, etc.).
Baisse des dépenses d'énergie
En euros constants, les dépenses d'éducation des collectivités sont en baisse de -0,6% entre 2024 et 2025. Explication : si les dépenses de personnel augmentent de +1,1% en euros constants, notamment en raison de la hausse du taux de cotisation vieillesse des fonctionnaires territoriaux et des dépenses d'indemnités pour perte d'emploi et de cotisations Urssaf liées au poids croissant des personnels contractuels, on observe une baisse des rémunérations brutes hors indemnités. "Dans les départements, précise la Depp, cet effet l'emporte, entraînant une diminution de leurs dépenses de personnel." Par ailleurs, les dépenses de fonctionnement des collectivités pour leurs établissements, tirées par la baisse des dépenses d'énergie entamée en 2024, reculent de -2,7% en euros constants.
À l'inverse, les dépenses d'investissement augmentent de +0,4% en euros constants. Mais cette hausse est essentiellement due à l'investissement des communes (+4% en euros constants). "Le plan 'Rénovations des écoles', lancé en 2023 par l'État par le biais notamment du Fonds vert, a facilité l'investissement dans le bâti scolaire des communes", se félicite la Depp. Parallèlement, les dépenses d'investissement des départements chutent (-4,7% en euros constants), en partie en raison de la "contraction nette" des équipements, notamment numériques. Enfin, si les régions "réorientent leur effort d'investissement éducatif des équipements vers le bâti scolaire", leurs dépenses d'investissement s'inscrivent également à la baisse (-1,3% en euros constants).
Une dépense moyenne par élève élevée
La dépense intérieure d'éducation comprend encore, à hauteur de 10% du total, la part des entreprises, laquelle, "après plusieurs années d'augmentation portées par l'essor de l'apprentissage", est stable par rapport à 2024 et 2023. Enfin, les ménages complètent, pour les 8% restants, la dépense d'éducation. Leur part est en hausse de +2% en euros constants, "principalement sous l'effet de la baisse des bourses de l'enseignement supérieur", selon la Depp.
Il ressort de l'ensemble de ces données que, compte tenu de la hausse des dépenses d'éducation, d'un côté, et de la baisse des effectifs scolaires, de l'autre, la dépense moyenne par élève est en hausse en 2025. Elle s'établit à :
- 9.440 euros pour un élève du premier degré,
- à 10.580 euros pour un collégien,
- à 13.200 euros pour un lycéen général ou technologique,
- à 14.590 euros pour un lycéen professionnel.
"Tous niveaux confondus, la dépense moyenne par élève en France est plus élevée de 4,5% par rapport à la moyenne des pays de l'OCDE", conclut la Depp.