Effectifs, coûts, contribution des familles : l'Enseignement catholique dévoile ses chiffres-clés
La publication des chiffres-clés de l'Enseignement catholique privé sous contrat met en lumière sa place dans le paysage scolaire français. Certaines régions connaissent ainsi des baisses d'effectifs importantes. Quant à son coût global, si l'État et les collectivités en assument une partie non négligeable, il repose majoritairement sur le financement privé.
© Sgec/ Nombre d'élèves scolarisés dans l'Enseignement catholique privé sous contrat en 2025-2026
Alors que la place de l'enseignement privé en France fait régulièrement l'objet de débats, à l'image de la récente étude de l'Institut des politiques publiques (IPP) mettant en lumière un recul plus rapide des effectifs scolaires dans le public que dans le privé (lire notre article du 3 mars), le secrétariat général de l'Enseignement catholique (EC) – qui représente 96% des établissements scolaires privés sous contrat – vient de publier les chiffres-clés du secteur.
On y apprend qu'à la rentrée 2025, l'EC scolarisait 2.048.470 élèves dans les premier et second degrés, hors enseignement agricole, soit 17,4% des effectifs scolarisés confondus avec le secteur public. Parmi eux, on note la présence de 16.414 élèves à besoins éducatifs particuliers, dont 10.417 en classes Ulis (unité localisée pour l'inclusion scolaire) et 4.180 en Segpa (section d'enseignement général et professionnel adapté). L'EC estime au total à 62.000 le nombre de ses élèves en situation de handicap bénéficiant d'un projet personnel de scolarisation. De plus, 11% des élèves accueillis sont boursiers (10,2% en collège, 7,8% en lycée général et technologique et 22,3% en lycée professionnel).
Une présence inégale selon les régions
Contexte démographique oblige, l'EC a perdu 11.180 élèves sur un an. Cette baisse d'effectifs touche les régions de façon très hétérogène. La Bretagne (-3.224 élèves entre 2024 et 2025), les Hauts-de-France (-2.832) et les Pays de la Loire (-2.696) subissent les reculs les plus marqués. Sept régions ont néanmoins connu une hausse des effectifs l'an passé. C'est le cas notamment de l'Île-de-France (+733 élèves), de Provence-Alpes-Côte d'Azur (+603) et, dans une moindre mesure, de La Réunion (+229) et du Grand Est (+182).
Malgré les pertes récentes, les académies de Nantes (258.402 élèves) et de Rennes (229.158 élèves) sont celles où les effectifs de l'EC sont les plus nombreux et où son poids compte le plus : 40% des élèves de l'académie de Rennes et 38% de ceux de l'académie de Nantes relèvent de l'EC. À l'inverse, si les effectifs sont à la hausse en Île-de-France, ils y restent très minoritaires, avec seulement 11,9% du total des élèves scolarisés, tout comme en Bourgogne Franche-Comté (12,5%), en Centre-Val-de-Loire (12,2%), en Grand Est (11%) et en Corse (5,4%).
67% des dépenses hors salaires couvertes par des ressources privées au lycée
Un grand chapitre de ces chiffres-clés est consacré aux indicateurs économiques. Il rappelle que si l'État rémunère les enseignants, le fonctionnement des établissements est assuré, d'un côté, par l'État et les collectivités, de l'autre par les familles, sous la forme d'une contribution familiale destinée à financer les activités liées au caractère propre et les investissements immobiliers. En outre, la restauration, l'hébergement et la plupart des activités annexes (voyages, activités périscolaires...), sont à la charge exclusive des familles. Il résulte de l'analyse de l'EC qu'à l'école primaire, 62% de l'ensemble des dépenses, hors salaires des enseignants, sont couvertes par des ressources privées et 38% par les ressources publiques. Au collège, la répartition est de 57% de ressources privées et 43% de ressources publiques. Au lycée, on compte 67% de ressources privées et 33% de ressources publiques.
La contribution des familles par élève et par an (hors cantine et internat) se monte :
- à 456 euros à l'école élémentaire,
- à 849 euros au collège,
- et à 1.254 euros en lycée général.
Quant au prix moyen d'un repas, il est de :
- 5,28 euros en élémentaire,
- 6,56 euros au collège,
- et 7,11 euros en lycée général.
L'EC précise que "la plupart des établissements organisent des péréquations qui permettent aux familles à revenus modestes de bénéficier de remises sur les différentes prestations".
Un coût divisé par deux pour les finances publiques
La publication des chiffres-clés de l'Enseignement catholique lui offre en outre l'occasion de revenir sur la question des forfaits communaux, versés par les collectivités pour chaque élève scolarisé dans l'enseignement privé sous contrat et dont le montant est calculé en fonction du coût par élève du public. L'EC rappelle qu'il avait publié en novembre 2025 une étude montrant la disparité des montants de ces forfaits selon le lieu de scolarisation – avec des écarts allant de 1 à 35 en termes de coût par élève – et dénonce "des inégalités persistantes" se traduisant par "un manque estimé à près d'un milliard d'euros annuels" (lire notre article du 21 novembre 2025).
In fine, alors qu'il reconnaît que son financement "fait régulièrement l'objet de polémiques", l'Enseignement catholique affirme que "les données de l'Éducation nationale montrent qu'un élève du privé ne coûte que 54% de ce que coûte un élève du public à la finance publique [sic]". Le coût moyen par élève pour l'État et les collectivités s'établit ainsi à 10.944 euros dans le public et à 5.361 euros dans le privé, et ce dernier montant couvre 75% du coût total d'un élève du privé.