Élections municipales et communautaires 2026 : l'Afnic alerte sur les risques de désinformation en ligne
À l'approche des élections municipales, la multiplication de contenus trompeurs sur internet inquiète. Dans un message de prévention, l'Afnic met en garde contre les fausses informations visant les candidats et les listes électorales, et appelle électeurs et acteurs publics locaux à redoubler de prudence.
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À quelques semaines du scrutin municipal des 15 et 22 mars 2026, le volume d'informations circulant en ligne sur les candidats, leurs programmes ou leur parcours personnel va s'intensifier. Ce contexte est propice aux manipulations, avertit l'Association française pour le nommage Internet en coopération (Afnic), qui souligne dans un communiqué du 29 janvier que certains contenus sont volontairement faux, erronés ou présentés de manière biaisée. "Le but est de brouiller la compréhension du débat démocratique et d'influencer le vote", alerte l'organisme de l'État chargé de gérer le registre du nom de domaine .fr.
Ingérences numériques étrangères
Le phénomène s'inscrit dans un contexte plus large de montée des ingérences numériques étrangères. Le service de l'État chargé de cette vigilance, Vigimum, a ainsi recensé 77 campagnes coordonnées de manipulation de l'information depuis 2021, attribuées à un même groupe d'acteurs malveillants (lire aussi notre article du 21 janvier 2026).
L'association Reporters sans frontières (RSF) aussi s'est inquiétée récemment d'une campagne de désinformation menée via des dizaines de faux sites d'information francophones depuis février 2025. Un article évoquant la "ruine" de l'Occident publié sur le pseudo "Flash Bourgogne-Franche-Comté", glorification de l'habileté politique de Vladimir Poutine sur le piégeux "Ile-de-France Actu" ou encore "Trump et la paix : une révolution souverainiste qui bouleverse l'ordre mondial" publié sur "La France souveraine". "Imitant les codes éditoriaux de médias régionaux et nationaux, ils diffusent des contenus de désinformation proches des narratifs du Kremlin", alerte RSF.
De son côté, l'Afnic identifie plusieurs signaux faibles à surveiller : des sites frauduleux imitant les codes de la presse locale, des contenus générés par intelligence artificielle (images, vidéos ou textes) au réalisme trompeur, ou encore des titres volontairement alarmistes jouant sur l'émotion pour inciter au partage rapide.
Réflexes
Face à ces risques, l'Afnic appelle à l'adoption de réflexes simples mais essentiels. Premier principe : identifier précisément la source de l'information, en vérifiant le nom de domaine du site et l'existence de mentions légales, y compris pour les communications numériques des candidats (sites officiels, courriels de campagne).
Deuxième point de vigilance : se méfier des imitations. Certains sites malveillants reprennent presque à l'identique l'adresse de médias reconnus, à quelques caractères près. Troisième recommandation : redoubler de prudence face aux contenus choquants ou spectaculaires, notamment visuels, et aux titres excessivement anxiogènes. Une information fiable doit toujours être contextualisée, datée et sourcée.
Enfin, l'Afnic alerte contre une idée reçue persistante : la diffusion massive d'un message ne garantit plus sa fiabilité. Les outils d'IA permettent aujourd'hui de produire et relayer rapidement de multiples variantes d'un même contenu trompeur. Vérifier avant de relayer – ou s'abstenir en cas de doute – reste le meilleur moyen d'enrayer la propagation de la désinformation.