Éolien en mer : le cahier des charges du prochain appel d'offres géant est publié
Le gouvernement a annoncé ce 12 juin la publication par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) du cahier des charges du prochain appel d'offres pour l'éolien en mer, qui vise à accroître les capacités de production de la France alors que la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) prévoit d’atteindre une capacité installée d’environ 15 GW en 2035 et 45 GW à horizon 2050 contre 2 GW actuellement.
L'appel d'offres, dit "AO10", "marque véritablement un changement d'échelle", a souligné le ministère chargé de l'énergie. "C'est l'un des plus importants programmes de développement de l'éolien en mer jamais engagé en Europe, avec une ambition claire : bâtir une énergie abondante, décarbonée, et souveraine". Il regroupe onze projets représentant 10 gigawatts (GW) de capacités nouvelles réparties sur l'ensemble des façades maritimes : Fécamp-Grand-Large, Bretagne-Nord-Ouest, Bretagne-Sud, Oléron, Narbonnaise Sud Hérault, Golfe du Lion Centre et Golfe de Fos. La moitié (5 GW) concerne l'éolien posé, dont les mâts sont fixés sur le fond marin, et l'autre moitié le flottant, qui permet de s'éloigner des côtes.
La publication de l'"AO10", quelques semaines après le lancement par le gouvernement de son plan d'électrification, ouvre la voie à la poursuite du développement de la filière, qui a marqué le pas en 2025. L'appel d'offres se fait avec un prix moyen pondéré de 100 euros du mégawattheure (MWh) d'électricité sur une durée de 25 ans. Pour maintenir ces tarifs, il est prévu de favoriser les projets en extension de champs existants pour limiter les coûts de raccordement au réseau de transport d'électricité. Une "prime de maintenance" est également mise en place pour inciter les producteurs à entretenir leurs parcs au moment où les prix de l'électricité sont bas, particulièrement l'été, lorsque la production solaire est à son apogée.
Le cahier des charges intègre pour la première fois des critères d'éligibilité et de notation favorisant les constructeurs européens, en particulier français, comme le nombre de composants maximal en provenance de Chine ou la valorisation des projets à faible empreinte carbone.
Les candidats ont quatre mois pour déposer leurs dossiers. Ils seront analysés par la CRE d'ici fin 2026 - début 2027, pour "une désignation des lauréats en février 2027", conformément au calendrier prévu par le gouvernement, selon le ministère.