Patrimoine mondial - Et si on inscrivait le mont Blanc ?

Réunis le 24 octobre à Chamonix à l'occasion d'une session de la conférence transfrontalière mont Blanc, les trois présidents de cette instance, ainsi que les présidents des communautés de communes d'Arlysère et du Pays du mont Blanc, ont signé une déclaration d'intention "engageant les démarches préalables et nécessaires au lancement conjoint d'une procédure de classement du massif du Mont-Blanc au patrimoine mondial de l'Unesco".

Une candidature trinationale

Ce travail préparatoire à une candidature officielle sera porté par les trois Etats. Pour les promoteurs du projet, "l'inscription du massif du Mont-Blanc au titre du patrimoine mondial de l'Unesco viendrait consolider et affirmer la qualité et la cohérence du parcours de coopération trinationale que les territoires ont construit autour d'actions concrètes pour préserver et garantir la transmission d'un héritage exceptionnel. Convaincus que les nombreuses années de coopération et de projets menés conjointement pour la valorisation du patrimoine naturel et culturel ont préparé les territoires du mont Blanc à répondre aux exigences de cette candidature, aujourd'hui les collectivités territoriales se sont symboliquement donné la main pour garantir la préservation et une valorisation active de l'espace mont Blanc".
Créé en 1991, l'espace mont Blanc regroupe des collectivités des trois pays : côté français, les communautés de communes du Pays du mont Blanc (44.000 habitants) et d'Arlysère (50.000 habitants), avec des villes comme Chamonix, Bourg-Saint-Maurice, Beaufort et Hauteluce (en Savoie et Haute-Savoie) ; côté italien, la région autonome de la Vallée d'Aoste ; côté suisse, la république et canton du Valais (le plus peuplé des trois territoires avec 330.000 habitants).
La candidature du mont Blanc n'en est qu'à son tout début. Il faudra notamment choisir à quel titre elle est présentée - bien culturel, bien naturel ou bien mixte -, ce qui ne semble pas encore être le cas pour l'instant. Une fois le dossier constitué, il faudra qu'il soit sélectionné par les trois Etats, seuls à même de proposer une candidature à l'Unesco. Il sera ensuite examiné à la loupe par l'Unesco et ses prestataires spécialisés, avant d'être éventuellement soumis à une session annuelle de l'organisation. La route est donc encore longue, mais le caractère véritablement transfrontalier du dossier - à la différence de candidatures simplement conjointes, comme celle des sites de Le Corbusier - pourrait jouer en sa faveur.

Le mont Blanc après le mont Perdu ?

Si le dossier aboutit, ce ne sera pas la première fois qu'un massif de montagne entre au patrimoine mondial de l'Unesco. La liste en compte en effet déjà plusieurs comme, en France, le mont Perdu (dans les Pyrénées) ou les pitons, cirques et remparts de l'île de La Réunion. Plusieurs montagnes à l'étranger sont également inscrites sur la liste du patrimoine mondial, comme les montagnes bleues (Australie), le parc des montagnes Rocheuses canadiennes, les montagnes de Jiajin (territoire du grand panda du Sichuan) et de Wudang (Chine), les montagnes dorées de l'Altaï (Russie), la montagne sacrée de Sulaiman-Too (Kirghizistan), et les montagnes bleues et monts John Crow à la Jamaïque...
A noter : pendant que débute la procédure d'inscription du mont Blanc, la Suisse et l'Autriche ont entrepris de faire inscrire au patrimoine immatériel de l'Unesco - à ne pas confondre avec le patrimoine mondial proprement dit - la gestion suisse et autrichienne du danger d'avalanches... Le classement éventuel devrait intervenir en novembre 2018.

 

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