Cap Ferret : un camping réservé aux saisonniers (33)
La transformation d’un ancien camping municipal offre une solution de logement bien utile aux saisonniers. Après quatre années de fonctionnement, cette expérience a séduit les employeurs locaux qui recrutent plus facilement leurs renforts pour la période estivale.
© Laurent Wangermez
Avec une renommée touristique qui ne se dément pas, la presqu’île du Cap Ferret attire de nombreux visiteurs. Elle enregistrait en 2023 plus de 1,2 million de nuitées, notamment pendant la période estivale. Cette attractivité nécessite un renfort considérable de saisonniers, que les employeurs peinent à recruter faute de logements disponibles et abordables. Précision utile : sur ce territoire, le prix au mètre carré flirte avec les 10 000 euros. Dès l’entame de la mandature initiée en 2020, l’équipe municipale de Lège-Cap-Ferret met en place un pôle Habitat et logement, avec l’ambition de développer une politique du logement en faveur de ses habitants ainsi que des saisonniers, indispensables à l’économie locale. La communauté d’agglomération du bassin d’Arcachon Nord (Coban), pour sa part, estime à 800 les besoins en logements saisonniers sur l’ensemble de son territoire et travaille à une mutualisation de l’offre avec les communes voisines. « Cette solution est envisageable pour la partie nord de la presqu’île, longue de 25 kilomètres, mais pas pour la partie sud, car cela obligerait les saisonniers à réaliser des trajets d’au moins 40 kilomètres aller-retour », explique Justine Marcotte, directrice générale adjointe de la commune Lège-Cap-Ferret.
Un gardien présent sur le site
En 2022, la commune crée alors une aire d’accueil des saisonniers sur l’emplacement de l’ancien camping municipal des Sables d’Or. Situé dans la partie sud de la presqu’île, il est raccordé aux réseaux et abrite un bâtiment désaffecté de 300 mètres carrés. « Nous avons décidé de réutiliser ce site pour y créer, dès la première année, plus de 70 emplacements réservés à des tentes, des caravanes et des camping-cars », poursuit la DGA. Géré par un gardien présent 24H/24, de fin juin à début septembre, le site est équipé de blocs sanitaires, de casiers sécurisés et d’une laverie. Cette première année test et les suivantes permettent d’affiner le projet. Les emplacements sont agrandis après qu’en 2023, l’incendie d’une caravane se soit propagé à sa voisine trop proche. Un site web permet désormais aux employeurs de réserver en ligne les emplacements dont ils ont besoin pour leurs employés.
Pour les caravanes et des camping-cars, les emplacements sont payés directement par les employeurs, pour les tentes, ils le sont par les saisonniers eux-mêmes en raison de dispositions légales ne permettant pas aux employeurs de régler la redevance pour des logements en tentes. L’aire d’accueil n’est accessible qu’aux saisonniers ayant signé un contrat de travail. Priorité est donnée aux employeurs de la partie sud de la presqu’île, afin de rapprocher le plus possible les saisonniers de leur lieu de travail. Certains employeurs réservent des emplacements spécifiques à la cuisine, afin que leurs employés puissent manger sur place. À défaut, les repas sont pris à l’extérieur. Seules les visites ponctuelles sont autorisées, les saisonniers ne peuvent pas accueillir des visiteurs plus de quelques heures.
Un taux d’occupation de 100 %
La création de cette aire d’accueil ne s’est pas faite sans difficulté. « Il a fallu vaincre l’appréhension des riverains, qui craignaient pour leur tranquillité, se rappelle la DGA. Nous les avons écoutés et avons éteint leurs craintes, en répondant avec beaucoup de réactivité à leurs inquiétudes. Le plus compliqué fut de résoudre les formalités administratives, mais les services de l’État nous ont beaucoup soutenus, tout comme les pompiers, pour ce qui concerne les questions de sécurité. » Le site étant ouvert moins de trois mois dans l’année sans que rien n’y soit construit, aucune autorisation d’urbanisme n’est nécessaire. « Nous avons en projet, dans le PLU en cours, de rendre la parcelle constructible afin d’y bâtir des logements pour les saisonniers ainsi que des logements sociaux pour nos habitants. »
Après quatre années de fonctionnement, cette aire d’accueil ne désemplit pas. On peut y voir une forme de plébiscite de la part des saisonniers, qui reviennent année après année, ainsi que par les employeurs, qui réservent dès la fin de la saison pour l’année suivante.
Coûts et financements
La première année, la commune a investi dans des casiers fermés et réalisé des travaux de terrassement. Les coûts de fonctionnement de l’aire d’accueil des saisonniers s’élèvent à un peu plus de 100 000 euros par an. Ils comprennent la location de matériel et la rémunération du gardien gestionnaire.
La redevance d’occupation pour l’emplacement des tentes est de 12 euros par jour et par personne. Celle des caravanes et des camping-cars de 376 euros par mois.
La communauté d’agglomération du bassin d’Arcachon Nord (Coban) subventionne le site à hauteur de 50 000 euros par an. Cette subvention et les redevances ont permis d’équilibrer le budget pour la première fois en 2025.
Commune de Lège-Cap-Ferret
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