Gelos rénove et agrandit son école en matériaux biosourcés (64)
Pour rénover l'école de son hameau, la mairie de Gelos a fait le pari des matériaux biosourcés, avec un approvisionnement en proximité. Ossature bois, isolation en paille, murs de terre crue, assainissement par phytoépuration... Le résultat convainc, pour un coût équivalent à une construction classique.
© Agence publique de gestion locale des Pyrénées-Atlantiques
Construite dans les années 1980, la petite école du hameau de Gelos - 3 classes pour 75 élèves – ne répondait plus aux besoins de la collectivité. « Rénover l'école et l'agrandir visait à redonner de bonnes conditions d’enseignement, à améliorer le fonctionnement de la cantine et du périscolaire, avec l'enjeu de faire du site un lieu de vie pour tous les habitants », indique Pascal Mora, maire de cette commune qui borde Pau (64).
Pour mener à bien la réalisation de ce nouveau projet, la mairie s'est rapprochée de l'Agence publique de gestion locale des Pyrénées-Atlantiques (apgl 64), un partenaire unique et prisé des collectivités du territoire. Son service intercommunal du patrimoine et de l'architecture peut suivre intégralement un projet de construction, orienter pour la recherche de subventions, accompagner la rédaction des marchés publics et assurer le suivi du chantier. « L’engagement d'Albert Lagueyte, architecte de l’agence, en binôme avec notre Directrice générale des services, a été l’une des conditions de réussite majeure de ce projet d'école », souligne le maire de Gelos. « Le service intercommunal, doté d’ingénieurs structure et thermiciens travaille en équipe projet, dans une approche environnementale globale, pour accompagner les collectivités » précise Albert Lagueyte.
Une conviction
L'équipe municipale a d'abord comparé une réalisation classique avec une construction en matériaux biosourcés, notamment en visitant l'éco-centre Pierre et Terre, dans le Gers. Le fait que le coût soit équivalent a achevé de convaincre les élus. « Confort en toute saison, coût de fonctionnement limité, faible impact écologique, nous avons retenu l'ensemble des solutions techniques présentées dans ce démonstrateur, hormis les panneaux solaires, vu l'exposition du bâtiment », indique le maire. Le bâtiment a été réalisé en caissons bois-paille, les murs intérieurs sont en terre crue, les faux plafonds en fibres de bois, les sols en caoutchouc naturel et les parements extérieurs sont en bois ou tuiles, selon l'orientation. Situé sur un secteur en assainissement individuel, le bâtiment a été équipé d’un système de phytoépuration. L'eau de pluie des toits est, quant à elle, dirigée vers le jardin pédagogique de l'école. Côté chauffage, la mairie a opté pour une pompe à chaleur qui chauffe un circuit d'eau chaude, et la chaleur est diffusée par plafonds rayonnants.
Un diagramme des fonctions
Pour concevoir la nouvelle école, Valérie Viron, directrice générale des services, et l'architecte ont consulté enseignants et parents d'élèves : « Plutôt que de débattre d'un plan qui crée toujours du conflit, on leur a demandé comment ils souhaitaient fonctionner : par exemple, pouvoir aller faire du sport sans remettre les chaussures des enfants », explique-t-elle. De ce diagramme des fonctions est né le plan du projet : la rénovation de l'école existante (400 m2) et une extension connectée de 430 m2. L'ensemble comprend trois salles de classe, un dortoir, une bibliothèque et salle informatique, un réfectoire, une salle multi-activités ouverte aux associations, hors temps scolaire. « Nous avons réalisé le chantier en site occupé en trois temps : d'abord l'extension, où les classes ont ensuite déménagé, avant de réhabiliter l'existant, puis de redéplacer in fine les classes », précise la DGS.
Anticiper et coordonner les corps de métiers
Malgré des savoir-faire parfois rares, il n'a pas été difficile de trouver les artisans compétents et disposant des agréments nécessaires dans le département et ses voisins (seule une entreprise a fait défaut en cours de chantier). La DGS attribue aussi la réussite du projet à une très forte anticipation et une coordination au cordeau entre les lots. « Pour garantir notamment l'étanchéité des caissons de paille, il ne faut surtout pas les percer. Tout doit donc être établi d'avance, y compris la moindre prise électrique », explique-t-elle. Mené entre 2021 et 2024, le chantier a également dû faire avec la période post-Covid et ses difficultés d'approvisionnement en matériaux. « Il a fallu beaucoup anticiper pour en stocker certains, notamment les tuiles, car les fours de la fabrique ont été temporairement éteints. »
25 degrés sans climatisation
Le bâtiment a été mis en service à l'automne 2024. Lors de l'épisode caniculaire de juin 2026, la température intérieure s'est maintenue à 25 degrés, sans climatisation, alors que 46 degrés s'affichaient près du bitume. « Dans ce bâtiment, il fait bon toute l'année, avec très peu de charges en hiver. Il est esthétiquement très beau et je pense aussi qu'il devrait bien vieillir », se réjouit le maire. Ce projet expérimental constitue désormais une carte de visite majeure de l'agence publique de gestion locale 64. Une école exemplaire donc, mais aussi un nouveau lieu de vie et de rencontre dans le hameau, grâce aux installations de sport et pique-nique installées autour et la salle de motricité qui devient associative le soir.
La nouvelle école en quelques chiffres
- 400 m2 de bâtiment rénové, 430 m2 d'extension neuve et 100 m2 de préau
- 2,79 millions d’euros HT : coût du projet de construction
- de 496 euros à 4 040 euros : coût de l’adhésion 2026 des collectivités au service intercommunal du patrimoine et de l’architecture (proportionné au nombre d’habitants)
- 137 056 euros : coût de la mise à disposition des agents du service de l’apgl 64 pour l’accompagnement administratif, juridique, financier et technique (dont la maîtrise d’œuvre) relatif au projet, soit 4,5 % du coût TTC de la réalisation
- 68,9 % de subventions : 38,4 % de la part de l’État : Dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR) et Dotation de soutien à l’investissement local (DSIL), 21,7 % de la part de la communauté d'agglomération Pau-Béarn et 8,8 % de la part du département des Pyrénées Atlantiques
- 31,1 % de reste à charge pour la commune
Commune de Gelos
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