Le Pays de l’Or acculture ses habitants à l’IA avec des outils gratuits (34)
Face à l’essor de l’intelligence artificielle et aux questions que la technologie suscite parmi les habitants, l’agglomération du Pays de l’Or a créé des ateliers de sensibilisation adaptés à différents publics. Les conseillers, formés aux Cafés IA, mobilisent des outils gratuits, comme ComparIA et le parcours PIX.
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Omniprésente, l'intelligence artificielle générative suscite autant d'attentes que d'interrogations. « Curiosité, appréhension, questions sur les risques d’arnaque ou les usages professionnels… nous n'avons pas tardé à être très sollicités », reconnaît Jérémie Daum, l'un des trois conseillers numériques France Services (CNFS) dont s'est doté le Pays de l'Or. Cette agglomération de 46 000 habitants a opté pour un maillage serré de son territoire, avec trois espaces France Services pour ses huit communes : à La Grande-Motte, à Mauguio et au siège de l’agglomération (à Mauguio également). Le dispositif est complété par un conseiller itinérant. « Cela témoigne d’une vraie volonté d’accompagner les populations sur le numérique », se félicite Christian Quesque, vice-président délégué au numérique. Le Pays de l’Or est du reste cosignataire de la feuille de route Hérault Numérique Ensemble, déclinaison départementale du programme national France Numérique Ensemble, dans le cadre de laquelle ont été développés ces ateliers.
L’IA comme levier, pas comme gadget
Si l'IA générative s'est imposée, c'est qu'il y a un risque de "double fracture" : des personnes déjà éloignées du numérique qui se retrouveraient encore plus distancées par l’essor de l’IA. « C’est un TGV, il faut le prendre, mais dans le bon sens, pas pour en faire n’importe quoi », explique Jérémie Daum. La réponse choisie a été celle d'ateliers collectifs, organisés à raison de deux par semaine, en complément des accompagnements individuels sur rendez-vous. Ces ateliers, reprennent le concept du Café IA porté à l'échelle nationale. Pour les animer, les conseillers numériques ont été formés par la MedNum, la structure qui fédère et accompagne les médiateurs. La posture revendiquée est celle du médiateur : « Un conseiller numérique n'a pas vocation à être un expert en IA, l'objectif est plutôt d'éclairer et d’ouvrir le débat. »
Des outils ciblés selon les publics
Deux grands types de publics sont distingués : le grand public d’un côté, les professionnels et demandeurs d’emploi de l’autre. Pour le grand public, les ateliers s’appuient notamment sur ComparIA, un outil gratuit développé par le ministère de la Culture. Il permet de soumettre une même requête à une vingtaine d’outils d’IA simultanément et de comparer les réponses obtenues. L’outil affiche également l'éditeur, sa nationalité et l’empreinte carbone de chaque service, permettant de sensibiliser aux enjeux environnementaux et de souveraineté. Des prompts guidés aident à poser les questions à l’IA et facilitent par ailleurs la prise en main par des personnes peu à l’aise avec la formulation de requêtes.
Pour les publics en recherche d’emploi, le parcours Pix est un complément. Ce module d'autoformation en ligne, récemment enrichi d’un volet consacré à l’IA, propose des exercices pratiques. Il permet de sensibiliser aux biais algorithmiques, à la confidentialité des données ou d'apprendre à bien formuler ses requêtes. « On remarque assez vite que certaines réponses ne sont qu’occidentales, ou que l’IA confirme une théorie si on la lui soumet telle quelle », illustre Jérémie Daum. Un exercice avec l’assistant conversationnel Mistral Chat (gratuit et sans compte) vient compléter le parcours.
Des premiers résultats quantifiés
Après quatre années d’activité, les accompagnements individuels et collectifs réalisés sur le territoire s’établissent à environ 8 000 accompagnements pour les trois CNFS, dispensés à 5 000 usagers différents. Les demandes portant explicitement sur l'IA représentent 3 % des thématiques enregistrées dans l’outil de suivi de la MedNum, un chiffre appelé à progresser. La fréquentation globale est en constante augmentation, et l’agglomération envisage d’affiner ses outils d’évaluation, pour suivre plus précisément l’évolution des demandes liées à l’IA.
La demande d'accompagnement s'étend par ailleurs aux agents du territoire. « On est venus me voir pour des outils comme Gamma, Canva ou Copilot, pour gagner du temps, notamment dans le domaine de la communication », indique Jérémie Daum. Plus récemment, c’est le Directeur général des services d’une commune de l'agglomération qui a exprimé une demande d'accompagnement sur l'IA. « C'est sur la table », confirme Christian Quesque.
Le projet en quelques chiffres
- 3 espaces France Services, 3 conseillers numériques dont 1 mobile. 2 CNFS ont été titularisés par l'agglomération
- Environ 8 000 accompagnements sur le territoire sur 4 ans pour 5 000 usagers différents
- 3 % des demandes portent sur l’IA
- Outils utilisés : ComparIA (gratuit, ministère de la Culture), PIX parcours IA, Mistral LeChat
Agglomération du Pays de l’Or
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Stéphan Rossignol
Christian Quesque
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